Le président de la République a donné, le 28 janvier, une conférence de presse pour annoncer les nouveaux projets du Louvre pour la décennie qui vient. Ces annonces, me semble-t-il, vont dans le bon sens.
Certes, le concours d’architectes pour la nouvelle entrée inquiète un peu (même si les Monuments historiques bloqueront sans doute les catastrophes), certes, il n’y avait sans doute pas besoin d’en faire une conférence de presse et, certes, il faudrait limiter l’emprise de certaines marques commerciales sur Paris. On peut toujours trouver à rouspéter.
Mais la vérité est que l’annonce principale, le déplacement de la Joconde et de ses touristes, est une très bonne nouvelle. Le tableau est bien un chef-d’œuvre, mais il y a longtemps qu’on ne le voyait plus. Et son départ libérera l’accès à d’autres tableaux (vénitiens, ceux-là) de la salle des États, qui sont au moins autant que lui candidats au titre de plus beau tableau du monde : L’Homme au gant du Titien, La Mise au tombeau du même Titien, Le Concert champêtre, toujours du Titien – ai-je mentionné le Titien ? Et les Véronèse et les Tintoret, et les autres tableaux de Vinci qui sont à côté, dans la Grande Galerie – La Belle Ferronnière pour n’en citer qu’un. Enfin, on pourra respire.
L’autre amélioration indispensable, et esquissée, c’est de faciliter l’entrée dans le musée et la sortie. Aujourd’hui, il faut se rendre dans la cour, faire la queue, rentrer sous la pyramide, acheter un ticket, trouver son aile, passer les contrôles, prendre des escalators, trouver la salle qu’on cherchait, au retour passer par le centre commercial… Une demi-heure au bas mot. La nouvelle entrée, en espérant qu’il y en ait même plusieurs, améliorera les choses.
L’idéal serait qu’un Parisien puisse à tout moment entrer au Louvre presque les mains dans les poches, être en quelques minutes face à une salle ou un tableau en particulier (Les Saisons de Poussin, par exemple), ressortir aussi vite qu’il est entré et faire cela aussi souvent qu’il le veut dans l’année ! C’est ainsi qu’un musée si vaste doit être utilisé par les locaux. C’est un peu le modèle de Londres. La National Gallery est gratuite, ce qui serait vraiment le rêve, mais injuste pour le contribuable de Lozère qui subventionnerait le plaisir du touriste chinois.
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La solution parfaite, on le sait, serait que le musée soit gratuit pour les Français, propriétaires de ce lieu et qui le financent, et payant pour les touristes. À la prochaine conférence ?
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