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Dérive autoritaire, risque de guerre civile et appétit des puissances étrangères : la Syrie au carrefour de son histoire



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5 Fév 2025
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Dérive autoritaire, risque de guerre civile et appétit des puissances étrangères : la Syrie au carrefour de son histoire
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Les Printemps arabes, les révolutions, les renversements de régime et le retour des dictatures ne permettent pas d’anticiper évidemment de manière certaine, comme beaucoup le rêvent, que la démocratie syrienne est vraiment en marche. Beaucoup de pays se sont immiscés dans les affaires de la Tunisie, de la Libye, du Liban, et de la Syrie. Il y a de quoi être plutôt pessimiste depuis plus de dix ans pour la région. Pas un pays qui a jeté son dictateur n’est aujourd’hui un pays solide, stable, prospère et durablement ancré dans les valeurs démocrates que nous espérons tant de l’extérieur.

Dernièrement, le nouvel homme fort syrien, Abou Mohammed al-Joulani de son nom de combattant djihadiste et devenu Ahmad al-Charaa, salué par les Occidentaux comme le nouveau messie syrien, vient de suspendre la Constitution, le Parlement et se proclamer « président pour la phase de transition ». Une transition qui peut durer un an, deux ans, ou vingt.

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Il y a quelque part une forme d’orientalisme et d’exotisme à se rendre en ce moment dans la capitale des Omeyyades, depuis que la dynastie Assad s’est effondrée. On se balade à Damas, on témoigne de la joie de ses habitants soulagés, mais des lendemains difficiles risquent de rapidement survenir : il faut tout reconstruire, gagner une véritable indépendance, et bâtir une démocratie. Le tout pour le moment avec un dirigeant, « ancien » féroce djihadiste devenu agneau en moins de trois mois. Les Occidentaux sont partagés entre angélisme et méfiance. L’espoir est là mais la tâche est immense sans et même avec leur concours.

Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad ? le monde entier se précipite au chevet de Damas

Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en fin d’année dernière, le monde entier se précipite au chevet de Damas, que ce soit des leaders politiques ou de simples curieux passionnés par le pays mais aussi devant les enjeux majeurs que la Syrie représente. Il y a des pays clairement perdants du départ de Bachar al-Assad et qui se font discrets sur le sujet : l’Iran et les Émirats arabes unis en tête, et peut-être bien dans une certaine mesure Israël. Le premier avait fait de Damas son satellite, le second avait œuvré pour la réintégration de feu le régime alaouite tortionnaire au sein de la Ligue Arabe et d’une partie de la communauté internationale. Mauvaise pioche !

Quant au troisième, l’État hébreu n’avait fait l’objet d’aucune attaque majeure sur le Golan annexé à la Syrie, et aucune revendication pour récupérer ce territoire n’avait émergé de la part d’Assad en près de 60 ans. Cela pourrait changer avec le nouveau régime et se révéler source majeure de conflits.

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Féroces appétits

Les appétits des voisins sont féroces : soutien politique ou intérêts économiques bien entendu. Mais, avec la visite de l’Émir du Qatar Tamim Al Thani le 30 janvier dernier, on peut déjà se demander dans quelle mesure il serait intéressant d’avoir le médiateur qatari dans l’équation « au cas où » tout basculerait. En effet, c’est la première fois qu’un chef d’État se rend dans la Syrie post-Assad.

C’est tout un symbole, alors même que le « sponsor » du groupe HTC, que dirigeait Ahmad al-Charaa avant de devenir récemment président de transition, est la Turquie et qu’Erdogan ne s’est toujours pas rendu dans la capitale syrienne. Et que les Américains ne sont pas près d’y aller, puisque al-Charaa figure toujours sur la liste noire des terroristes « activement » recherchés. Doha peut déjà jouer le rôle d’intermédiaire nécessaire pour tisser de nouveaux liens diplomatiques et stratégiques avec la Syrie de demain. Enfin au moins la Syrie d’aujourd’hui.

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Un pays stratégique

Il y a beaucoup trop d’intérêts pour ce pays stratégique aux multiples contacts frontières, coincé entre la Turquie, le Liban, Israël, l’Iran et la Jordanie. Sous influence russe depuis la guerre civile, le pays vient de rompre non seulement avec Moscou mais également avec Téhéran. La bataille est donc déjà engagée non seulement pour le futur modèle politique et de coexistence sociale, mais pour qui aura une place de choix en Occident avec le futur régime. Il y a fort à parier que ce soit un long chemin de croix, tant les chancelleries en Europe sont pour le moment timides afin de renouer avec le pays.

Nul doute que Doha, qui a acquis la réputation d’interlocuteur privilégié des infréquentables, jouera une carte majeure dans ce nouvel échiquier régional, afin d’éviter avant tout que la Syrie ne bascule dans une nouvelle guerre civile.


* Docteur en sciences politiques, chercheur monde arabe et géopolitique, enseignant en relations internationales à l’IHECS (Bruxelles), associé au CNAM Paris (Équipe Sécurité Défense), à l’Institut d’Études de Géopolitique Appliquée (IEGA Paris), au Nordic Center for Conflict Transformation (NCCT Stockholm) et à l’Observatoire Géostratégique de Genève (Suisse).

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