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Violence des mineurs : quand la justice et les mots trahissent les victimes



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6 Fév 2025
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Violence des mineurs : quand la justice et les mots trahissent les victimes
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L’éternel recommencement. On ne compte plus les mineurs qui tombent sous les coups d’autres mineurs. Et les victimes encore vivantes, parents, ami tentant de réanimer son copain avec un sang-froid héroïque, font face à une nouvelle violence, celle de la banalisation de leur tragédie.

La justice met en examen pour « violences ayant entraîné la mort » ; la presse écrit : « mort des suites de ses blessures ». Ces formules ont quelque chose d’indécent. En face de l’absence d’empathie de ceux qui frappent, certains adultes en position d’autorité répondent par la même absence d’empathie insultante à l’endroit des victimes. Nous touchons là à une forme absolue de dictature, celle qui passe par l’élimination des mots et leur substitution par des formules qui lissent l’irruption du mal absolu. Ce qui n’est pas nommé n’existe pas, ce qui n’est pas perçu ne peut être ni pensé ni pansé.

La réalité : guet-apens, meurtre, homicide. Les formules récurrentes dans des situations similaires : « mort des suites de ses blessures », « mort de la chute entraînée par les coups ». Tour de passe-passe sémantique pour contourner une réalité qui ressemble toujours à une chronique de la mort annoncée lorsqu’on se penche sur les antécédents des prévenus.

« Notre justice n’est en manque de moyens, mais bel et bien pervertie par un angélisme idéologique insoutenable »

La maire du quartier connaissait et avait aidé la famille en difficulté ! Aidé, vraiment ? À laisser leur fils devenir un meurtrier ? Financer ceux qui transgressent est un encouragement car la précarité qui favorise la violence n’est pas tant matérielle que psychique. C’est une insulte aux familles très modestes, voire pauvres, qui éduquent bien leurs enfants que de laisser penser le contraire.

Responsable et coupable

Notre justice n’est pas ici en manque de moyens, mais bel et bien pervertie par un angélisme idéologique insoutenable. Dans une affaire plus ancienne, un magistrat avait expliqué que dans notre droit, « on peut lyncher un homme sans vouloir le tuer ». Qu’est-ce à dire, sinon la banalisation de la barbarie ? Cette intolérable tolérance repousse dans le domaine du débat l’intolérance autorisée. Elle est totale sur des opinions, voire des questionnements. Mais en ce qui concerne les actes de barbarie, la disproportion totale de la réponse est à peine croyable. La réalité nous presse pourtant de penser « par-dessus » l’âge (sidérant) du coupable pour se concentrer sur la situation (perpétuelle) des victimes. Car il s’agit toujours de « l’enfant de ».

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La litanie des « -ables » (intolérable, insupportable, inacceptable…) de nos politiques n’oublie que deux mots : responsable et coupable. « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences dont ils chérissent les causes », écrivait Bossuet.

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Depuis trente ans, la pédopsychiatrie voit cette violence juvénile devenir de plus en plus précoce, de plus en plus barbare, de moins en moins « motivée » (elle ne revendique rien, elle se contente de détruire). Elle n’est pas seulement croissante quantitativement mais différente qualitativement.

La répétition des actes barbares, et non plus simplement provocateurs, est pour le moins sidérante. Il ne s’agit pas là de délinquants transgressant les règles par des vols de mobylettes. Il s’agit d’enfants dont l’humanisation (apprentissage du fonctionnement à plusieurs, de ce que signifie demander, attendre, « pour de faux et pour de vrai », de la différence entre penser et agir, de l’empathie, etc.) a été un échec complet. Et qui, à la faveur d’une puberté qui leur donne les moyens physiques de leurs pulsions de mort, sèment la terreur et vont pousser les honnêtes gens à appeler de leurs vœux une société de contrôle qui ne contrôlera qu’eux-mêmes.

Sentiment d’humiliation

Les rappels de la loi seraient comiques s’ils n’étaient tragiques par leurs conséquences. On ne peut rappeler que ce qui a été appris. Ces mineurs se fichent de la loi puisque la vie n’a aucune valeur. La loi, pour eux, c’est la loi du plus fort, sinon on est « humilié ». Ce n’est pas le « principe de responsabilité » qui compte, mais le « principe d’honneur ». Donc une anti-loi dans notre registre anthropologique, parce qu’antinomique du surmoi, de la capacité à s’empêcher.

La loi du plus fort, au contraire, encourage à précipiter le geste le plus violent possible dans un vertige de toute-puissance. Notre modèle aborde des fonctionnements claniques constitués autour de la loi du plus fort et de la honte, à partir des notions de culpabilité et de réparation. Impasse. Intolérance à la frustration, impulsivité majeure, absence totale de remords, le clan fonctionne « contre » et pas en articulation avec le monde extérieur. Il y a l’endogroupe (la bande, la famille, agglutinés « contre ») et l’exogroupe (perçu comme hostile).

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Il peut s’y greffer alors n’importe quel motif (racial, sexuel, religieux, etc.) ; car le motif est souvent « attrapé au vol » pour rationaliser coûte que coûte dans l’après-coup la décharge de violence impérieuse. Quand on ne peut triompher dans le bon (comme à sa façon si innocente, Elias le faisait en s’entraînant dans un cadre sain de compétition sportive, où il s’agit bel et bien de gagner sans faire mal), on triomphe dans l’horreur (« Elle a pris cher cette salope » ; « ça lui apprendra » : phrases entendues chez des mineurs pendant des dépositions, parfois à l’égard de cadavres, ce qui prouve une indifférenciation entre la vie et la mort).

En « donnant une deuxième chance » après un premier délit, c’est une double condamnation que l’on prononce : envers la prochaine victime et envers le coupable, en l’incitant à aller plus loin pour rencontrer la limite qu’il recherche bien évidemment à son insu. La psyché humaine exige le contraire : une sanction immédiate et exemplaire au premier délit. Depuis quarante ans, la France s’enlise dans la destruction des cadres structurants, au nom d’une fausse liberté qui sape les conditions de celle-ci. La liberté de « défoncer », de « ramollir » la vieille dame qui rentre chez elle, l’ado qui sort du foot, la jeune femme qui sort du métro ? Si, tant qu’on peut agir sa violence, on ne peut la penser, l’élaborer, alors il faut d’urgence stopper la possibilité d’agir en contenant par un enfermement adéquat qui pallie le manque d’enveloppe psychique.

Régression psychique

La liberté véritable du futur adulte implique que l’environnement lui ait fait don de limites. Oui, l’interdit est un dû à l’enfant qui vient au monde. L’être humain, à l’état de nature, ne peut garantir sa survie de façon optimale, du fait de ses penchants pour la violence. La société, avec ses lois, offre le cadre au sein duquel la vie en communauté est régulée. Le commerce et la diplomatie minimisent par exemple les risques de guerre ; les tribunaux, le risque de vengeance.

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Voilà la régression psychique majeure de notre époque. Une idéologie qui ne doit pas interdire, pas enfermer, pas sanctionner. Ce rousseauisme 2.0 a quelque chose d’indigeste. Le sentiment d’impunité est tel que la loi n’est plus efficiente. Elle n’est donc plus préventive. Elle court après les faits qui, se multipliant, deviennent un risque « intégré » pour beaucoup d’entre nous, pendant que d’aucuns persistent à faire semblant de ne pas comprendre. Que sommes-nous devenus, psychiquement, pour ne plus réagir face à la haine débridée et nier que ce n’est pas de sentimentalisme que nous avons besoin face à la violence, ni d’indignation, mais de force ?

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