
Dans son discours de politique générale, François Bayrou a voulu nuancer le débat sur l’immigration. « Oui, l’installation d’une famille étrangère dans un village pyrénéen ou cévenol peut être un geste de générosité, mais lorsqu’il s’agit de trente familles, l’équilibre local peut basculer », avertissait-il. Au-delà du flux, il y a un stock. Une mise en garde qui n’a rien d’anecdotique : Jean-Luc Mélenchon lui-même valide ce constat en se félicitant de la « créolisation de la France », une manière d’acter l’idée même du « Grand remplacement » qu’il prétend pourtant dénoncer.
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Si l’évolution démographique suscite des crispations, c’est parce que les origines des nouveaux entrants ont radicalement changé en une décennie. D’après l’INSEE, les immigrés africains sont désormais plus nombreux que les Européens dans les flux entrants. 41 % des nouveaux immigrés viennent du continent africain, contre 32 % d’Europe, une inversion de tendance qui s’est cristallisée au milieu des années 2010. Mais ce n’est pas seulement une question d’entrées : c’est aussi une question de natalité. Les femmes immigrées qui vivent en France affichent un taux de fécondité record en Europe occidentale. Selon l’OCDE, leur indice conjoncturel de fécondité atteint trois enfants par femme, devant l’Allemagne (2,3) et le Royaume-Uni (2,1).

Résultat : la composition des naissances a profondément évolué. En 1978, une naissance sur vingt concernait un enfant d’origine extra-européenne. En 2018, le ratio est passé à un sur quatre (enfants d’au moins un parent immigré extra-européen + petits-enfants d’au moins deux grands-parents extra-européens). Un basculement qui, au rythme actuel, pourrait se poursuivre, modifiant en profondeur le visage démographique de la France. Derrière les débats idéologiques, ces chiffres traduisent une réalité implacable : les dynamiques migratoires et de natalité font de la France un pays en mutation accélérée.
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