Le JDD. On vous appelle « l’homme de Trump au Groenland ». Est-ce que ce surnom vous convient ?
Tom Dans. Je dois être clair. Je ne représente pas l’administration Trump ici. Même si j’y ai un certain nombre d’amis avec qui je discute. Je suis ici parce que j’ai travaillé sur la question, lorsque j’étais au Trésor en 2020, puis lorsqu’il m’a nommé commissaire à l’Arctique. À l’époque, nous étions bien avancés sur le dossier et j’ai travaillé dessus jusqu’aux derniers jours de son premier mandat. Aujourd’hui, je dirige l’association à but non lucratif American Daybreak, qui cherche simplement à promouvoir les relations entre les États-Unis et le Groenland. Mon objectif a toujours été d’aider les 56 000 Groenlandais qui vivent dans ce territoire trois fois plus grand que le Texas à devenir les champions de leur propre destin.
Avec votre blouson Trump-Vance, vous êtes bien reçu ?
Ils ne s’ouvrent pas forcément aux étrangers rapidement. Vous ne vous promenez pas, comme le Texan que je suis, en parlant à haute voix. Ils parlent doucement, ici. On peut prendre ça pour de la passivité, ou pire, comme de la pusillanimité. Ce n’est pas le cas. Ce sont de féroces guerriers. Il faut du temps pour gagner leur confiance et comprendre leurs problèmes. Je pense que le monde des affaires est enthousiaste. La plupart des gens, au Groenland, quand ils ne travaillent pas pour le gouvernement, sont des entrepreneurs. La période s’annonce passionnante pour eux.
« Seuls les États-Unis pourront assurer la sécurité du Groenland »
Les routes maritimes s’ouvrent. Est-ce une façon de s’assurer que les Chinois et les Russes ne contrôlent pas le passage du Nord-Ouest ?
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Ce phénomène est revenu au premier plan. Avec l’évolution de la navigabilité, dans les décennies à venir nous aurons un transport transpolaire. Les Russes ont les capacités. Les Chinois s’y dirigent. Et n’oubliez pas que ces derniers sont très explicites en se qualifiant eux-mêmes de « nation arctique ». Or nous n’avons qu’un brise-glace et demi en état de marche. Un demi car, le Polar Star, est la moitié du temps en cale sèche pour réparation. Il faut en construire d’autres. Ainsi qu’un port en eaux profondes. C’est là que Trump, l’iconoclaste, le bâtisseur, est précieux. Il ne pense pas seulement dans une perspective de quatre ans, mais de cent ans, voire mille ans…
Vous imaginez des drapeaux américains flotter ici ?
Dans six mois, un an, quatre ans… oui, à 100 % sûr ! Le statu quo est intenable. La première tâche du président est de protéger et de défendre le peuple américain. Il en va de notre sécurité nationale et de celle du monde libre. Ce problème doit être résolu. La forme finale du partenariat avec le Groenland sera déterminée par les acteurs politiques. Mais seuls les États-Unis pourront assurer la sécurité du Groenland. Ce ne sera pas un concours de beauté entre pays invités à y participer !
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