
Il existe en France 2 300 entreprises spécialisées dans la location de matériel médical à domicile. Majoritairement petites et moyennes entreprises, elles sont réparties partout sur le territoire et interviennent sept jours sur sept. « Nos 33 000 salariés accompagnent en permanence quatre millions de personnes, avec un lit médicalisé, un respirateur, un équipement dédié à l’apnée du sommeil », indique Didier Daoulas, le président de l’Union des prestataires de santé à domicile (Upsadi).
Publicité
La suite après cette publicité
Les restrictions du budget de la Sécurité sociale pour 2025 inquiètent la profession. « Notre budget annuel de prestations de 4 milliards d’euros est amputé de 200 millions d’euros. Impossible pour nous de rattraper cette somme par ailleurs puisque nos interventions sont réalisées sur prescription médicale avec des tarifs tous réglementés », explique-t-il. De son côté, Alexandra Duvauchelle, déléguée générale de la Fedepsad, un autre syndicat professionnel, décrit la confusion du secteur devant les baisses tarifaires incessantes depuis une décennie. Car la difficulté est de maintenir les emplois dans ces conditions. Près de 2 000 postes auraient déjà été supprimés. « N’oublions pas que nous sommes une activité de main-d’œuvre, ajoute Didier Daoulas. Plus nous gérons de patients à domicile, plus nous avons besoin de collaborateurs. »
Alexandra Duvauchelle insiste : « Nous ne sommes pas contre des économies, mais on aurait souhaité la mise en place d’un plan stratégique de trois ans pour que l’on puisse disposer du temps nécessaire d’adaptation. » Proposition refusée par Bercy. Cette baisse de budget est d’autant plus incomprise par la profession que les soins ambulatoires coûtent nettement moins cher que l’hôpital. « Accélérer le virage des soins à domicile permettrait de gagner de 20 à 30 % sur le budget général de la Sécurité sociale », confirment à l’unisson Didier Daoulas et Alexandra Duvauchelle.
Mais ce n’est pas la seule raison de leur colère. Une autre mesure, annoncée par Emmanuel Macron, prévoit le remboursement intégral des fauteuils roulants à partir de décembre 2025. Moyennant 460 millions d’euros. Une enveloppe « sous-dimensionnée, décidée sans aucune concertation avec les professionnels ». Résultat, ceux qui assurent la location de fauteuils « risquent le péril ». Pourquoi ? Parce qu’en parallèle du remboursement, les aides à la location pour les personnes qui ont un besoin ponctuel – suite à une chute, une fracture… – « vont diminuer de plus de 20 % », tonne la Fedepsad.
La difficulté : maintenir les emplois dans ces conditions
Chaque année, nous apprend la Sécurité sociale, plus de 508 000 fauteuils sont loués tandis que 180 000 sont vendus. Le prestataire de location touchait jusqu’à présent 16 euros par mois minimum ; il devra se contenter de 12 euros à la fin de l’année. Et le risque est le même qu’ailleurs chez ces professionnels qui dénoncent « un mépris » : « Face aux changements incessants dans la politique sociale française, beaucoup d’entre nous s’activent à l’étranger, notamment en Allemagne où la politique sanitaire est beaucoup plus stable »
Source : Lire Plus






