
Faites vos jeux, rien ne va plus. Les Grenoblois payent l’addition de l’insécurité. Championne des vols avec arme, une centaine d’affaires en un an, six faits pour 100 000 habitants, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. C’est six fois plus que la moyenne nationale pour les grandes villes. En 2024, Grenoble est même passée devant Marseille. Sans parler des règlements de comptes. Résultat, elle perd 20 places dans le classement des villes et villages de France où il fait bon vivre et se positionne désormais à la 205e place.
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Fin des commerces
Les commerces du sud de la ville, dans le quartier Villeneuve-Village-Olympique qui compte 10 000 âmes selon l’Insee, ont baissé le rideau. Pour Arnaud Benedetti qui enseigne la communication à la Sorbonne, « Grenoble souffre historiquement d’un phénomène de mafia qui s’est métamorphosé au fil du temps. Une situation qui s’est aggravée à cause des politiques laxistes menées par Éric Piolle. Par exemple, son incapacité à armer sa police municipale face au narcotrafic ». La conséquence sur la qualité de vie des habitants est réelle, avec des impacts sur le commerce ou la valeur du patrimoine, estime Arnaud Benedetti.
Douloureuse chute
Autre ville qui ne cesse de dégringoler, Bordeaux. La chute est douloureuse : moins huit places. Elle était 27e en 2023 et huitième lors de la première édition du palmarès. La Belle Endormie, comme on la surnomme, se réveille ces dernières années en plein cauchemar, les violences du quotidien et les coups et blessures volontaires, hors cadre familiale, ont augmenté de 25 % entre 2021 et 2023. Sursaut du maire EELV de la ville, Pierre Hurmic a décidé d’amer une partie de sa police municipale d’ici la fin du printemps. La municipalité est rattrapée par la réalité, aussi cruelle, soit-elle. Dans la même veine, l’édile a décidé de rallumer la lumière dans les rues de la capitale girondine qui s’éteignaient depuis plusieurs mois en début de soirée pour faire des économies. Objectif, rassurer notamment les femmes qui rentrent tard chez elles. La différence avec Grenoble, estime Arnaud Benedetti, réside dans la sociologie des populations des deux villes. Grenoble la populaire d’un côté, Bordeaux la bourgeoise de l’autre, qui ne pardonnerait pas à Pierre Hurmic de ne pas assurer la sécurité dans la ville surtout à un an et demi des élections municipales.
Rien ne vas plus
Rien ne va plus non plus pour Poitiers. Là encore, la bataille se joue en partie sur la sécurité. La ville est rattrapée par le narcotrafic et les règlements de comptes, elle perd onze places et se retrouve 78e ville de France où il fait bon vivre. Dans la foulée, son attractivité immobilière perd un point et demi, malgré son développement économique ces dernières années et des prix au mètre carré qui restent abordables. Une maison se vend en moyenne 231 000 euros.
Là encore, l’insécurité joue un rôle majeur dans le classement
Lyon reste stable mais perd tout de même 23 places en cinq ans, 79e aujourd’hui. Là encore, l’insécurité joue un rôle majeur dans le classement. Strasbourg sort du Top 20 des villes et villages de France où il fait bon vivre. Seule Annecy progresse de deux places après avoir quitté le trio de tête il y a trois ans. Autour du lac, géré par les Écologistes depuis 2020, sa qualité de vie et son cadre sont unanimement reconnus. Sujet qui fâche tout de même, la Venise des Alpes reste une ville où le coût de la vie est élevé. Sa proximité avec la Suisse n’y est pas étrangère. Les prix des courses alimentaires sont souvent plus élevés qu’ailleurs, tout comme l’immobilier, dans lequel beaucoup de Grenoblois voisins investissent. Avec des revenus plus élevés que les locaux, ils font flamber les prix au-delà de 5 000 euros le mètre carré.
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