C’est lui qui avait accueilli le pape François à Ajaccio, le 15 décembre dernier ; alors que le pape avait préféré l’Île de Beauté au rassemblement des grands de ce monde venus fêter la réouverture de Notre-Dame de Paris. Et c’est lui, le Cardinal François Bustillo, qui présidera une messe dans la cathédrale, ce jeudi 20 février, pour mettre à nouveau l’Église de Corse à l’honneur.
Depuis la réouverture de la cathédrale parisienne, le 16 décembre dernier, très nombreux ont été les fidèles à venir de toutes les régions de France pour assister à la messe dans l’édifice reconstruit. En deux mois, ce sont 1,6 million de personnes qui sont venus admirer les beautés de la cathédrale restaurée. Jeudi 20 février, c’est donc au tour des Corses : après avoir accueilli le pape, ils viennent à leur tour en pèlerinage à Notre-Dame.
Célébrée à 16h, la messe sera donc présidée par l’évêque d’Ajaccio, et les fidèles qui le voudront – l’entrée est libre – pourront jouir d’une polyphonie corse. En effet, les cantiques religieux traditionnels envoûteront la cathédrale afin de représenter la culture et l’identité de l’Île de Beauté, ainsi que la piété populaire qui avait été le thème du voyage du pape François. Après la messe, une soirée festive aura lieu de 18h à 21h. Au programme, animations corses autour d’un buffet convivial partagé par les fidèles – inscrits cette fois-ci – en soutien à l’Église de Corse.
Cette messe sera l’occasion pour les Corses de célébrer la Vierge Marie, selon la longue tradition. La Corse, grande terre de dévotion mariale, compte en effet huit sanctuaires dédiés à la mère du Christ. C’est le 30 janvier 1735 que la Cunsulta – assemblée proclamée dirigeant l’île – proclame l’indépendance de la Corse vis-à-vis de Gêne et se place par la même occasion sous la protection de la Vierge Marie qui devient désormais « Reine immaculée de la Corse ». Cette consécration de l’île à la Madre Universale du Dio a par ailleurs été renouvelée en 1935 et plus récemment… en 2014 !
La Corse a été de plus le lieu de deux apparitions mariales
Vénérée depuis le IVe siècle, Notre-Dame a sur l’île des centaines d’églises, de chapelles et d’oratoires qui lui sont consacrés. La Corse a par ailleurs été de plus le lieu de deux apparitions mariales : l’une à Pancheraccia où une jeune enfant égarée aurait vu la Vierge faire apparaître une source au milieu des rochers ; et l’autre à Campitello, commune située à une quarantaine de kilomètres de Bastia et dont les habitants auraient été les témoins de plusieurs apparitions entre 1899 et 1909. Si ces apparitions n’ont jamais été officiellement reconnues, elles continuent à nourrir la piété populaire, et à provoquer de nombreux pèlerinages. Mais c’est surtout la Fête de la Nativité de la Vierge, qui réunit chaque 8 septembre les catholiques corses qui viennent prier la « Santa Bambina », qui révèle la grande dévotion des Corses envers leur Sainte Patronne. « Je ne sais pas s’il y a un seul pays au monde où l’on prie autant pour A Madonna » avait déclaré Mgr Brunin, ancien évêque d’Ajaccio, le 8 septembre 2007 à Pancheraccia.
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Une piété populaire que l’on retrouve jusque… dans l’hymne corse : « Que Dieu vous garde, Reine, et Mère universelle par qui on s’élève jusqu’au Paradis. » Composé vers 1675 par saint François de Geronimo, en italien, il est aujourd’hui encore très souvent chanté lors de cérémonies religieuses, publiques ou familiales.
Ce jeudi encore, les Corses donneront raison à leur manière à monseigneur Michel Aupetit, ancien archevêque de Paris qui déclarait le 15 juin 2019, lors de la solennité de la dédicace de la cathédrale à la Vierge, peu de temps après l’incendie : « Une culture sans culte devient une inculture ».
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