
On ne sait pas si Jannik Sinner s’est délecté cette semaine devant son écran des effarantes contre-performances de ses principaux rivaux à Doha, les Carlos Alcaraz, Alex de Minaur, Novak Djokovic et autre Daniil Medvedev, tous éliminés prématurément du tournoi qatari où le numéro un mondial n’a pas été autorisé à s’aligner, suspendu trois mois pour un double contrôle positif à un stéroïde en 2024.
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À vrai dire, le concernant, on ne sait pas grand-chose. Depuis le début de l’affaire, l’Italien plaide l’accident : il ne nie pas la présence dans son corps du produit en question, le clostébol, mais celui-ci y serait entré par effraction via un massage effectué par des mains involontairement contaminées. Face aux médias, Dr Jannik apparaît renfermé, un brin fataliste. Sur le court, Mister Sinner continue de broyer froidement la concurrence (victoires en Coupe Davis et à l’Open d’Australie) malgré les lourds soupçons. Costaud, le bonhomme, ou parfaitement serein. Et puis, la sentence est tombée sous forme d’un accord avec l’Agence mondiale antidopage (Ama) qui révolte la grande majorité des acteurs du tennis.
Dans un premier temps, l’Ama avait l’intention d’aller jusqu’au Tribunal arbitral du sport (Tas), histoire d’en avoir le cœur net. Mais c’était pour mieux réussir la plus belle amortie « rétro » de la saison : un trimestre de contrition négocié avec les conseils juridiques du joueur, pile au meilleur moment, sans aucune épreuve du Grand Chelem à l’horizon ni menace directe sur son trône. Cerise sur le panettone, la nouvelle idole transalpine pourra faire son retour le 4 mai, à la veille du tournoi… de Rome. Elle n’est pas belle, la vie ? « Le cas Sinner est à des millions de kilomètres d’un cas de dopage », assure l’Ama. « Jannik est un type formidable, il a une grande personnalité, il va bientôt revenir et c’est le plus important », souffle Richard Gasquet le bon copain, lui-même (injustement) pris dans la nasse il y a quinze ans après un baiser « cocaïné ».
Alors pourquoi cette levée de boucliers incarnée par la légende Stan Wawrinka, qui « ne croit plus à un sport propre » ? Pourquoi cette sensation tenace de deux poids, deux mesures en apprenant également qu’Iga Swiatek, l’une des reines du circuit féminin, a été suspendue un mois dans le plus grand secret pour un contrôle positif à un modulateur métabolique, quand d’autres ont été jetées en pâture, telle la Roumaine Simona Halep, punie puis innocentée et ressortie tellement abîmée de la séquence qu’elle en a rangé les raquettes ? « Le tennis est vraiment un sport à la con », philosophait Gasquet en 2008, avant même ses malheurs. Dommage qu’on l’aime autant.
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