La visite de Benoît Payan dans une mosquée fait bondir Stéphane Ravier. Le sénateur (ex-Reconquête) des Bouches-du-Rhône demande des explications au maire de Marseille. Ce dernier s’est rendu, mardi 4 mars, à la mosquée des Cèdres, située dans le 13e arrondissement de Marseille, à l’occasion du ramadan.
Le maire de la cité phocéenne a promis de céder un terrain au lieu de culte pour permettre son extension. Stéphane Ravier dénonce un « à-plat-ventrisme insupportable et scandaleux » à des fins électorales.
Le JDD. À l’occasion du ramadan, Benoît Payan a prononcé un discours devant les fidèles de la mosquée des Cèdres. Comment réagissez-vous à cette visite ?
Stéphane Ravier. Ça ne m’a pas surpris. Ce n’est pas la première fois qu’il fait le tour des mosquées. Il l’avait déjà fait l’année dernière, au moment du ramadan. Il s’était notamment rendu à la mosquée de Frais Vallon, dans le 13e arrondissement, pour annoncer qu’il allait accorder un terrain pour une grande mosquée. C’est devenu une priorité dans son agenda de maire. Je trouve ça extrêmement choquant de s’exprimer dans une mosquée. La loi le lui interdit normalement.
Lors de sa venue, Benoît Payan a notamment annoncé la cession d’un terrain à la mosquée des Cèdres pour lui permettre de s’agrandir…
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Ce lieu de culte n’a pourtant été inauguré qu’en 2019. D’autant que les mosquées de Saint-Jérôme, des Bleuets et de Frais Vallon se trouvent dans le même arrondissement. Lors d’un conseil municipal il y a quelques mois, Benoît Payan a aussi annoncé un projet de construction d’une mosquée dans le quartier de Saint-Jérôme, dans le 13e arrondissement.
Comment expliquez-vous cette multiplication des mosquées à Marseille ?
Il y a manifestement eu une explosion démographique, un afflux de fidèles. L’islamisation à Marseille crève les yeux. Et Marseille n’est pas historiquement musulmane. L’immigration de la ville est composée en grande majorité de personnes arabo-musulmanes ou encore de Comoriens.
Au moment de l’annonce de la cession d’un terrain à la mosquée des Cèdres, l’édile a d’ailleurs assuré qu’il n’avait pas besoin de remerciements car « on [leur] doit » cela…
Je dénonce cet à-plat-ventrisme insupportable et scandaleux ! C’est ahurissant de dire ça alors qu’il se trouve dans une mosquée qui a cinq ans. Que doivent les Marseillais à la communauté musulmane ? Avons-nous une dette ? Son statut engage la ville de Marseille et ses habitants. Je ne me sens pas redevable de la communauté musulmane.
Qu’attendez-vous de Benoît Payan ?
Ce n’est pas sûr qu’il me réponde. S’il le fait, il me fera la leçon en m’accusant d’islamophobie et de vouloir diviser Marseille. Il va répondre à côté pour tenter de me diaboliser. Mais, de mon côté, je prends les Marseillais à témoin.
Lors de son inauguration en 2019, la mosquée des Cèdres avait invité Éric Younous, un influenceur fiché S. Vous aviez alors dénoncé sa présence, en vain…
Je confirme ce que j’ai dit. Je n’ai d’ailleurs pas été contredit, encore moins par les tribunaux. Je rappelle également qu’en 2019, Martine Vassal [présidente DVD de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence, NDLR] avait remis la médaille d’honneur du département à l’imam de la mosquée des Cèdres, qui avait invité Éric Younous.
Il n’y a pas que la gauche qui participe à la course électorale. La droite veut aussi sa part du gâteau. Malgré mes alertes, tout le monde s’en moque. L’enjeu électoral est trop important pour s’intéresser à un individu comme Monsieur Younous, qui n’est pas un enfant de chœur.
À un an des élections municipales, cette nouvelle visite traduit-elle justement les ambitions politiques de Benoît Payan ?
Bien sûr. Il y a une volonté du maire, candidat à sa succession, de caresser dans le sens du poil une communauté extrêmement importante, voire majoritaire, dans ces quartiers. Les 13e et 14e arrondissements sont des secteurs clés. C’est sans doute pour cela qu’il s’y rend souvent.
Il y a une concurrence effrénée avec Sébastien Delogu de La France insoumise (LFI) [qui avait confirmé en février dernier réfléchir à une candidature à Marseille, NDLR]. Il pourrait avoir une longueur d’avance au vu de sa communication sur la Palestine et sur l’Algérie. En 2026, il faudra en tout cas choisir entre les minarets et les clochers.
Contacté par le JDD, Benoît Payan n’a, à ce stade, pas donné suite.
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