
Le programme avait été présenté comme une avancée majeure pour la gestion carcérale. Il est aujourd’hui au cœur d’une polémique qui embarrasse l’administration pénitentiaire. Face aux révélations sur les détournements des tablettes numériques mises à disposition des détenus – censées être sécurisées, mais déjà utilisées pour naviguer sur Internet, visionner des vidéos et jouer en ligne –, Gérald Darmanin a décidé de serrer la vis.
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Selon nos informations, le ministre de la Justice a demandé un moratoire immédiat sur le déploiement de ces appareils en détention et a ordonné un audit sur les dysfonctionnements, dont les conclusions devront être rendues sous quinze jours. Dans l’attente, le déblocage des crédits alloués au projet est suspendu.
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Un coup d’arrêt qui marque une rupture. Ce programme, baptisé « Numérique en détention », avait été lancé en 2018 sous le ministère de Nicole Belloubet. L’objectif affiché ? Moderniser le quotidien des détenus en leur permettant d’accéder à des services administratifs via un réseau interne bridé. Six ans plus tard, le projet a coûté 60 millions d’euros, et les révélations de ces derniers jours laissent entrevoir de graves failles de sécurité. Une situation que Gérald Darmanin a découverte en prenant ses fonctions Place Vendôme.
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« Ce n’est pas de son fait, il hérite d’un système mis en place bien avant lui », souligne un proche du dossier. Et pour cause : le programme avait été acté dès le quinquennat précédent, avec un investissement total prévu de 125 millions d’euros. Mais face à la dérive des usages, la prudence est désormais de mise. La suspension des crédits laisse entendre que l’exécutif pourrait revoir sa copie, voire, à terme, remettre en cause l’ensemble du dispositif.
Reste à savoir jusqu’où ira cette remise à plat. L’administration pénitentiaire assure que des dispositifs de contrôle existent et que des sanctions sont prises en cas d’usage détourné. Mais les images circulant sur les réseaux sociaux, où l’on voit des détenus profiter d’un accès illimité au numérique, alimentent la controverse. En attendant les conclusions de l’audit, la modernisation des prisons marque un temps d’arrêt.
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