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Bangladesh : les femmes brûlées à l’acide, victimes oubliées d’une violence insoutenable



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10 Mar 2025
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Bangladesh : les femmes brûlées à l’acide, victimes oubliées d’une violence insoutenable
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« Ils m’emmenaient à la morgue, quand le médecin a senti un dernier battement de pouls », se remémore en larmes la jeune mère de 26 ans, miraculée d’une sanglante attaque à l’acide. Déclarée morte au sixième jour de coma, avant de revenir miraculeusement à la vie. L’histoire de Sadia Sultana, inimaginable pour le commun des mortels, est un exemple de bravoure et de bataille pour sa survie.

En banlieue de Dacca, dans les locaux de l’ONG Acid Survivors Foundation (ASF), elle revient pour le JDNews sur son histoire. Originaire du district de Chittagong, elle est malmenée physiquement par son père dès l’enfance, puis abusée sexuellement de ses huit à onze ans par un proche de la famille. À 15 ans, sa famille ne peut plus la prendre en charge, et décide de la marier de force, c’est le début de sa chute.

Ne pouvant payer la dote – 1 500 euros – le beau-père de Sadia décide de s’en prendre à elle et à son mari, une semaine après la cérémonie d’union. L’agression a lieu en pleine nuit, à quatre heures du matin, lorsqu’elle et son mari dorment paisiblement. « Mon beau-père a ouvert la port, puis a jeté de l’acide, je l’ai vu. Mes brûlures sont plus sévères que mon mari. Dans l’ambulance, si j’arrêtais de respirer, c’était la fin », confesse-t-elle en détachant son voile, afin de révéler ses stigmates.

Selon l’Onu, 46% des agresseurs sont des proches des victimes

Après avoir été déclarée morte, et sept opérations chirurgicales plus tard, elle est prise en charge par les médecins d’ASF. C’est ici qu’elle revient à la vie, doucement. Mère d’une petite fille de quatre ans, elle a trouvé un mari qui l’aime et la soutient, faisant fi des lésions corporelles des brûlures. Son beau-père, toujours en liberté, n’a jamais été arrêté. Une enquête de police est en cours. Des histoires similaires à celle de Sadia, nous allons en entendre plusieurs durant notre séjour à Dacca.

Lorsque les éclaboussures du liquide d’acide touchent un visage, le cartilage se désintègre si rapidement, que les os peuvent apparaître en quelques secondes. L’acide, composé chimique organique, encore plus dangereux et destructeur que du pétrole, est l’une des armes d’hommes lâches qui s’en servent pour attaquer leurs adversaires. Au mieux, vous êtes tués, au pire, défigurés à vie.

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Au Bangladesh, ces agressions sont en grande partie un crime discriminatoire à l’égard des femmes. En 2023, 13 attaques ont été répertoriées dans tout le pays, contre 496 en 2002. En 20 ans, ces actes, d’une violence sans pareille, ont diminué de plus de 90 %, une avancée notable, mais pas assez pour arrêter le combat pour les membres d’ASF. Rares sont ces femmes qui acceptent de témoigner.

Toutes ont vécu ces douleurs dans leurs chairs, infligées par un mari violent, un amant jaloux ou tout homme coupable de ces attaques. Selon l’ONU, 46 % des auteurs sont des proches des victimes. Les cicatrices sont visibles, les traumatismes lovés en profondeur. Attaquée en 1992, à l’âge de 15 ans, Shamima Khusi a, elle aussi, subi des heures d’opérations chirurgicales, de greffes de peau notamment. Son agresseur, un homme d’une quarantaine d’années à qui elle avait refusé un mariage, l’a poursuivi en pleine rue pendant de longues minutes, avant de commettre son crime. Une fois soignée, dès ses 18 ans, elle ne sortait plus de chez elle sans se couvrir le visage, un voile faisait l’affaire. Moquée par les enfants du quartier, et stigmatisée par les hommes de sa communauté, elle a eu le déclic seule devant son miroir, à 40 ans.

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« À la naissance de mon fils, que j’aime de tout mon cœur, j’ai recommencé à me faire coquette. Je me trouve belle, et je recommence à me maquiller », témoigne-t-elle, avec un sourire éclatant. Aujourd’hui, elle parcourt les collèges du pays en sensibilisant les adolescents sur les dégâts indélébiles de l’acide. Comme par exemple, mettre directement de l’eau froide sur un corps qui a été brûlé à vif. Le froid provoque localement une constriction des vaisseaux sanguins, ce qui atténue les œdèmes. Malgré deux lois sanctionnant juridiquement ces attaques, promulguées en avril 2002, toutes ces survivantes attendent davantage du nouveau gouvernement, dirigé par Muhammad Yunus, ancien prix Nobel de la Paix en 2006. Les condamnations, trop rares, dépendent du bon vouloir des juges.

Depuis 1999, l’ONG apporte à ses victimes un soutien médical, avec son bloc opératoire et ses médecins, un soutien psychologique, plusieurs psychiatres y traitent les troubles du stress post-traumatique et les tendances suicidaires ; ainsi qu’une aide juridique non négligeable, en peaufinant les dossiers en vue de futurs procès. Un service d’assistance téléphonique est également assuré 24 h/24 h, ce qui permet de signaler les attaques à temps et de transférer les victimes à l’hôpital.

« Le Bangladesh est le premier pays au monde à disposer de lois contre les attaques à l’acide. Il faut maintenant qu’elles soient appliquées »

Dans les locaux, cinq femmes, toutes grandes brûlées encore en convalescence, déjeunent dans la cantine commune. À l’étage, la juriste Sabiha Nabib, 28 ans, empile minutieusement des dossiers. Sa mission l’oblige. « Je rends leurs dossiers solides, pour qu’elles puissent se défendre juridiquement. Le Bangladesh est le premier pays au monde à disposer de lois spécifiques contre les attaques à l’acide. Il faut maintenant qu’elles soient appliquées. »

Bien que les chiffres d’attaques baissent considérablement, le 21 novembre dernier, une femme de plus, Sathi Rani, a été agressée avec sa fille de deux ans. Immédiatement admises en soins intensifs dans les locaux d’ASF, leurs cas sont une preuve supplémentaire pour Sarder Hossain, directeur exécutif de l’ONG, de la nécessité de continuer le combat. Malgré les prix internationaux sur son bureau –  dont le prix des droits de l’Homme de la République française, reçu en 2011 – l’angoisse de devoir bientôt fermer l’ONG, faute de fonds suffisants, commence à être étudiée. 

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« Nous n’avons pas assez de budget pour aider suffisamment ces femmes. Depuis la création de notre ONG, en 1999, je me suis rendu 10 fois au ministère de la Santé pour obtenir des financements, y compris au nouveau gouvernement, en vain », dévoile ce père d’une fille, qui a elle aussi vécu un profond traumatisme. Pour l’heure, après avoir servi de modèle pour d’autres antennes au Pakistan et en Inde, l’ONG ne tient qu’à un fil. Tout corps le sort de plus de 82 millions de femmes dans le pays. « Il ne faut pas se trouver d’excuses en se cachant derrière un manque d’éducation, il faut une vraie politique de sensibilisation et une volonté d’arrêt total de ces attaques. »

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