On ne l’entendait guère depuis son retour au gouvernement. François Rebsamen, compagnon de route historique de François Hollande dont il fut le ministre du Travail. À l’image des gisants, célèbres représentations des défunts Philippe le Hardi, Jean sans Peur et son épouse Marguerite de Bourgogne, qui font la renommée de la Dijon, ville dont il fut maire pendant près de 10 ans, on pensait que François Rebsamen reposait en son ministère dans une tranquille somnolence. Mais le gisant s’est réveillé pour proposer le retour de la taxe d’habitation. La mesure emblématique d’Emmanuel Macron censée illustrer symboliquement l’entrée dans une ère de défiscalisation fait long feu ! Le hardi ministre des collectivités territoriales, propose que les foyers fiscaux participent à hauteur de 30 à 100 euros par an aux finances municipales. Une mesure d’autant plus inique que depuis la fin de l’extinction de la taxe d’habitation, la taxe foncière a explosé de 20 % en moyenne, reprenant dans la main du contribuable ce qu’on lui avait rendu de l’autre.
L’autre débat qui agite en ce moment l’exécutif, la suppression de l’abattement de 10 % dont bénéficient les retraités, pour peu qu’il soit fondé – les retraités étant les enfants surgâtés du système social et fiscal français en lien direct avec leur poids électoral -, constitue là encore une hausse d’impôts.
Si on ajoute à cela la contribution exceptionnelle infligée aux grands groupes – une surtaxe de 8 milliards d’euros -, celle des ménages le plus aisés – 2 milliards d’euros -, dont on pressent que le gouvernement pourrait oublier leur caractère « temporaire », on en arrive à la conclusion que le gouvernement de François Bayrou prend les Français pour des cons.
« Il n’y aura pas de hausses d’impôts » avait proclamé le Premier ministre, avant que son ministre Eric Lombard Lagaffe se prenne les pieds dans le tapis, confirmant un jour l’engagement, déclarant le jour d’après « tout est sur la table ». Il n’aura pas fallu deux semaines après la conférence du Premier ministre sur l’état des finances publiques, pour qu’il se dédise et que les Français comprennent que les impôts vont encore augmenter.
Quid de l’effort de l’État pour réduire ses dépenses publiques ? En valeur, les dépenses de l’État et de ses opérateurs enregistrent en 2025 une augmentation des dépenses centrales de 10 milliards d’euros, une augmentation des dépenses locales de 9 milliards et une augmentation de 19 milliards des dépenses sociales. Le hiatus entre les engagements du gouvernement et la réalité est accablant.
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Que dit-il ? Que les Politiques, ambitieux et courageux en campagne ou dans leurs discours, font tous, sans exception, preuve d’une incommensurable lâcheté une fois au pouvoir. Face à l’ampleur du mammouth, tous renoncent.
Ainsi Emmanuel Macron s’était-il engagé à réduire le nombre de fonctionnaires. Leur nombre a crû de 178 000 depuis 2017. Des milliards d’euros ont été déversés pour la Santé, France Travail, les agences et dispositifs dédiés à la transition écologique. Pour une inefficacité éprouvée quotidiennement par les usagers. Réformer l’État c’est soumettre les fonctionnaires à un régime de droit commun, c’est rendre effective l’application des 35 heures dans toutes les administrations, c’est tailler dans les dépenses de fonctionnement, la bureaucratie. C’est imposer le suivi des réformes et des décisions de l’État qui se laisse endormir par les directions d’administrations centrales, baronnies qui prospèrent sur la fiscalité, dont s’acquittent les Français, devenue un puits sans fond.
C’est d’un big bang inversé dont la France à aujourd’hui besoin
Lorsqu’il était secrétaire général adjoint de la présidence de la République sous François Hollande, Emmanuel Macron pestait dans son bureau contre ces directeurs d’administration qui s’asseyait sur les décisions du gouvernement dès qu’elles remettaient en cause leur rente de situation. Main dans la main avec les puissants syndicats de la fonction publique. En campagne, le futur président promettait une purge à la tête de toutes les grandes baronnies publiques pour s’assurer de la loyauté de leurs successeurs, garants de la mise en œuvre des réformes. Il n’en fit rien. Le « spoil » système à la française pour séduisant qu’il soit, ne fut jamais mis en œuvre. Le disruptif s’est, comme les autres, couché devant l’État profond, monstre administratif et véritable coupable de la dérive des finances publiques, préférant continuer à traire les vaches à lait que sont les contribuables.
Irrémédiablement, la production de richesse décline, les Français s’appauvrissent quand dans le même temps le PIB par américain a augmenté de 1 à 10. Ce dont la France a besoin c’est d’une révolution copernicienne comparable au big bang de l’après-guerre, lorsque le pouvoir gaulliste créait la sécurité sociale et lançait un grand plan d’investissement dans les secteurs et les transports réalisés par Aimé Lepercq puis René Pleven. Mais c’est d’un big bang inversé dont la France à aujourd’hui besoin. Celui d’une rationalisation du fonctionnement et des dépenses de l’État, quitte à remettre en cause, par exemple le sacro-saint principe de l’universalité de la gratuité des dépenses de santé et d’éducation. Manque l’homme d’État qui aura comme seule boussole, et pas seulement en se payant de mots, l’intérêt général et une vision à long terme.
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