Ils sont aussi différents qu’hilarants. Devant la caméra de Dominique Baumard, Melvil Poupaud et Sofiane Zermani font des étincelles sur le mode de la comédie dans des rôles aux antipodes : le premier incarne un réparateur de montres de luxe qui s’ennuie dans sa routine familiale et professionnelle, le second un antiquaire débrouillard et receleur capable de tout vendre lors d’arnaques improbables. On se délecte de la nature extravertie du comédien-rappeur, contrebalancée par la légèreté candide, presque burlesque, de l’interprète de Grâce à Dieu. Baptiste Thion
De Dominique Baumard, avec Melvil Poupaud, Sofiane Zermani, Steve Tientcheu. 1 h 34.
Ce Nouvel An qui n’est jamais arrivé
À la veille de la révolution roumaine, cette tragicomédie qui reprend l’esthétique de la télévision de l’époque suit sur une journée six personnages qui se croisent fortuitement. Un récit choral exigeant mais malin dont la forme épouse le fond avant une conclusion en apothéose sur le Boléro de Ravel. B.T.
De Bogdan Muresanu, avec Adrian Vancica, Nicoleta Hâncu. 2 h 18.
La série de la semaine
The Last of Us (saison 2)
Les hordes de zombies sont de retour, et nos deux héros aussi. Après avoir traversé une Amérique dévastée, seuls, les armes à la main, dans la première saison, Elie et Joël vivent désormais en communauté. À Jackson, une ville fortifiée nichée au cœur du Wyoming, relativement protégée des monstres qui rôdent. Mais la jeune femme, seule immunisée contre ce virus démoniaque, et son protecteur doivent affronter des adversaires bien plus redoutables qu’ils ne pouvaient l’imaginer… Avec une atmosphère toujours aussi suffocante et un rythme encore plus soutenu, cette deuxième salve détonne autant qu’elle scotche de bout en bout. Florian Anselme
La suite après cette publicité
Avec Bella Ramsey, Pedro Pascal, Kaitlyn Dever et Isabela Merced. Sept épisodes de 50 minutes. Disponible sur Max.
L’expo à ne pas rater
Artemisia, héroïne de l’art
Joie de redécouvrir les chefs-d’œuvre d’Artemisia Gentileschi (1593-1653) au musée Jacquemart-André, qui rend hommage à l’artiste italienne à travers un échantillon de tableaux et de dessins pour éclairer une personnalité forte et audacieuse. Disciple autoproclamée du Caravage, elle est devenue célèbre pour ses représentations de scènes violentes de l’Antiquité, de la Bible et de la mythologie, comme Judith décapitant Holopherne (1612-1613). Puissant. Stéphanie Belpêche
Jusqu’au 3 août. musee-jaquemart-andre.com
À écouter
L’été sera pop
Le coude à la portière, le soleil au zénith ou dans son inexorable des-cente, vous cherchez le morceau qui sentira l’été, dès le printemps qui vous pousse sur les routes. Vous hésitez : les Hermanos Gutiérrez, Devendra Banhart, Herman Dune ? Et pourquoi pas les trois ? Gizmo Varillas propose une virée dans son univers, frais comme un jus d’ananas, ensoleillé et plein d’espoir comme une révolution méso-amé-ricaine. Il se permet de faire ce qu’il veut (comme ce prologue à la harpe dans Ojos Nuevos), de la pop qui a digéré Johnny Cash à de la folk sauce Doobie Brothers. Georges Grange
The World in Colour, Gizmo Varillas, Big Lake Music.

À lire
Crépuscule d’un amour du Soleil levant
Florent Dabadie est-il fataliste, tragique ou sensible ? Au fil des pages délicates de Hiromi, l’auteur retrace avec pudeur et intensité quinze années d’amour avec une femme japonaise aussi insaisissable qu’attachante. Témoignage d’un amour profond mais marqué par l’exil intérieur, ce roman autobiographique est aussi un hommage intime à une culture, un pays et une femme en lutte avec ses fantômes. À travers une narration fragmentée, entre Tokyo et Paris, l’auteur livre un adieu bouleversant, où la tendresse survit à la rupture. G.G.
Hiromi, Florent Dabadie, Stock, 216 pages, 19,50 euros.
L’art de la répartie
Fort du succès remporté en 2019 par son Anthologie de la répartie, Julien Colliat a déniché 800 nouvelles ripostes foudroyantes qui vous permettront de briller en société d’une manière ou d’une autre. Soit en citant à bon escient Peggy Guggenheim, à qui l’on demandait combien de maris elle avait eus : « En comptant les miens ? » Ou Groucho Marx, auquel une dame confiait devoir faire diligence : « Personnellement, je vous verrais mieux dans le rôle du cheval. » Soit en vous appropriant sans vergogne quelques-unes des répliques parfois attribuées à Jules Renard, Guitry père et fils, Henri Jeanson ou Winston Churchill pour la seule raison qu’on ne prête qu’aux riches. Peu importe, puisque cette Anthologie de la répartie, tome 2, est un délicieux cornet de dragées où le poivre des vacheries s’enrobe de la douceur du mot juste. Éric Naulleau
Anthologie de la répartie, tome 2, Julien Colliat, Le Cherche midi, 224 pages, 19,80 euros.
La prose mélancolique de Barbéris
C’est une photo qui fait tout basculer. Le regard en coin d’une tante oubliée, Madeleine – blonde à la Michèle Morgan –, et la narratrice se lance sur la piste de cette femme qui traversa les années 1950 entre Nantes et le Cameroun, dans le sillage d’un mari sans relief… et peut-être d’un autre amour. On fume des Craven A, on écoute Brel, Béart et Dalida. Roman feutré, élégance de l’ellipse : la passion n’est jamais dite, parfois devinée. À la manière d’une Princesse de Clèves coloniale, le roman explore les interstices du cœur, là où l’amour s’installe sans bruit. Un art subtil, récompensé par le Grand Prix de l’Académie française. Alix Avril
Une facon d’aimer, Dominique Barbéris, Folio, 240 pages, 8,50 euros.
La langue de la Coupole
Saviez-vous que « challenge » vient du vieux français mais que c’est bien un anglicisme qu’on peut éviter ? Et qu’il est redondant de dire « Ils sont tous unanimes » ? Si vous aussi, vous êtes indisposés par les formulations douteuses, les tournures incorrectes, les barbarismes chaotiques, cet ouvrage est pour vous : l’Académie française sera votre meilleure alliée pour comprendre et expliquer l’origine de ces expressions malheureuses mais aussi pour proposer des alternatives. Le débat est lancé (et non initié : explications page 365) ! G.G.
Dire, ne pas dire. Du bon usage de la langue française, Académie française, Philippe Rey, 743 pages, 27 euros.
Le mot rare
Blandices : caresses, flatteries, ce qui charme
Si l’on se fie à l’étymologie latine, les blandices étaient des douceurs et de très innocents câlins. Mais le glissement vers le sens péjoratif et figuré n’est jamais loin : ainsi Chateaubriand déplore « les blandices des sens » et le droit du XIXe siècle dénonçait les testaments extorqués « par blandices ». Seule consolation pour ces caresses accusées d’être des flatteries malhonnêtes : elles sont toujours au pluriel ! G.G.
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