
Malgré les outrances de Donald Trump et les risques de voir l’appareil F-35 diminué dans ses capacités, les Européens continuent de faire semblant. Le chef d’état-major de la Force aérienne portugaise (FAP), Cartaxo Alves, le 22 avril dernier, a estimé que « le Portugal n’avait pas d’autre alternative que d’acquérir des F-35 ». Avant de poursuivre : « Ce sont des avions de cinquième génération. Tous les pays en possèdent. L’Allemagne, par exemple, en a acheté faute d’alternative. Les avions européens, comme le Rafale et l’Eurofighter, sont moins avancés. On peut envisager un chasseur européen de pointe dans 20 ans, mais il n’y a pas d’alternative aujourd’hui. »
Publicité
Ce qu’oublie de dire le général, c’est que la Luftwaffe allemande participe aux plans nucléaires de l’Otan, ce qui n’est pas le cas de la FAP. Ces propos contredisent ce qu’avait annoncé Nuno Melo, le ministre portugais de la Défense, en mars dernier. Celui-ci avait estimé qu’il fallait considérer d’autres options, en particulier européennes, pour remplacer les F-16, compte tenu de l’évolution du contexte géostratégique : « La position récente des États-Unis, dans le contexte de l’Otan, doit nous faire réfléchir aux meilleures options, car la prévisibilité de nos alliés est un atout majeur à prendre en compte. »
La suite après cette publicité
Dans nos colonnes, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, avait réagi aux propos du ministre portugais, en faisant savoir qu’il comptait « proposer » le Rafale – tout comme le suédois Saab s’était aussi rapidement mis sur les rangs pour soumettre la candidature de son JAS-39 Gripen.
La suite après cette publicité
Si rien n’est encore acté du côté de Lisbonne, ils sont de plus en plus nombreux sur le Vieux Continent à vouloir rassurer le président américain et le marché US de l’armement. Comme de bons vieux éléments de langage distillés par des boîtes de communication, le général Cartaxo Alves avance le même argumentaire que celui du chef du gouvernement belge en rappelant que, même s’il est de conception américaine, le F-35 est assemblé « en Europe », avec des composants produits en Italie.
En revanche, quid de la souveraineté stratégique que prône — officiellement — l’Union européenne ? Ces dernières semaines, plusieurs pays ont affirmé qu’ils allaient bien se diriger vers l’avion de Lockheed Martin : il s’agit donc de la Belgique, de l’Allemagne ou encore du Danemark, et ce malgré les discours d’ingérence de Donald Trump sur le Groenland.
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Contrairement à l’aéronef américain, le Rafale n’a besoin d’aucune mise à jour pour conserver ses pleines capacités. Un argument de vente auquel les pays européens ne semblent pas sensibles, alors que seules la Croatie et la Grèce ont porté leur choix sur l’aéronef produit par Dassault. Dans le même temps, ses capacités sont appréciées à l’international : 500 exemplaires ont été vendus dans le monde à des pays comme l’Égypte, le Qatar, l’Indonésie ou encore, très récemment, l’Inde.
Dans le contexte international, si le choix des pays européens de maintenir leur commande vers le F-35 peut surprendre, un proche du groupe Dassault laissait entendre dernièrement « qu’il ne se passerait rien du tout » et que les nations du Vieux Continent continueraient d’acheter américain.
Source : Lire Plus






