
En octobre 2022, Élisabeth Borne, alors Première ministre, annonçait la création de deux consulats algériens à Melun et Rouen lors d’une rencontre avec son homologue, à Alger. Au total, le pays dirigé par Abdelmadjid Tebboune dispose désormais d’une vingtaine d’ambassades dans l’Hexagone. Problème : selon une enquête de L’Express, celles-ci n’auraient pas que des visées diplomatiques…
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D’après l’hebdomadaire, ces sites diplomatiques pourraient bien dissimuler un réseau de surveillance par l’Algérie de ses expatriés. Une hypothèse que confirme Jérôme Poirot, ancien coordinateur adjoint du renseignement à l’Élysée : « Les services de renseignement algériens ont toujours été très actifs sur le territoire national depuis la lutte pour l’indépendance. On peut estimer qu’il y a plusieurs centaines d’agents dans l’Hexagone. Il y en a bien évidemment une part dans les consulats. »
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Agent de consulat ou espion infiltré ?
Ces soupçons de surveillance se sont déjà avérés. Récemment, un employé du consulat algérien en France a par exemple été soupçonné d’avoir kidnappé Amir Boukhors, alias Amr DZ. Cet influenceur, suivi par près d’un million d’internautes sur TikTok, s’était réfugié en France en 2016 en raison de ses critiques du régime d’Alger. Le 11 avril 2025, trois hommes, dont un employé du consulat algérien, ont été mis en examen pour son enlèvement et sa séquestration durant près d’un an.
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Ces infiltrés dans les consulats algériens doivent surveiller des dissidents au régime d’Alger
En parallèle, un fonctionnaire de Bercy a été suspecté d’espionnage au profit de l’Algérie au mois de décembre. Il est accusé d’avoir transmis des informations confidentielles, dont l’adresse de l’opposant Amir Boukhors, à un agent du renseignement extérieur algérien (DGDSE) basé au consulat de Créteil. L’agent, bénéficiant d’une couverture diplomatique, est depuis rentré en Algérie. Après cette mise en examen, Alger a expulsé 12 diplomates français.
L’avocat d’Amir Boukhors suggère une « tentative d’intimidation » algérienne. Bruno Retailleau quant à lui, avait réagi en soupçonnant une potentielle « ingérence étrangère » au sein de ces consulats algériens.
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Un rôle officiellement administratif
De manière officielle, ces centres diplomatiques ont un rôle purement administratif. Une façade parfaite pour camoufler un système d’espionnage en interne. Toujours selon l’enquête de L’Express, des infiltrés dans les consulats algériens seraient ainsi chargés de surveiller les dissidents au régime d’Alger. Et ces derniers sont nombreux : les écrivains franco-algériens Kamel Daoud (visé par deux mandats d’arrêt internationaux) et Boualem Sansal (incarcéré depuis novembre et récemment condamné à 5 ans de prison) en savent quelque chose…
Dans son livre Je ne pouvais rien dire, l’ancien agent du contre-espionnage Paul-Louis Voger raconte même comment il était parvenu à identifier « huit agents relais » du consulat algérien local dans une « agglomération de près de 300 000 habitants ». Toujours selon l’ancien agent, ces espions infiltrés surveillent en permanence les ressortissants d’Alger, hostiles à la politique du pays.
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