
Après Boualem Sansal, c’est à Kamel Daoud que le régime algérien s’attaque. L’écrivain franco-algérien est visé par deux mandats d’arrêts internationaux émis par un juge du tribunal d’Oran, ville de l’ouest de l’Algérie, dévoile Le Figaro ce mardi 6 mai, confirmant une information du Point. Le premier mandat a été émis par Interpol Algérie en mars dernier, et le second lui a été envoyé au début du mois de mai.
Publicité
Le lauréat du prix Goncourt en 2024 pour son roman Houris fait l’objet de multiples plaintes, toutes liées à son livre, d’ailleurs interdit en Algérie. Dans ce livre, Kamel Daoud relate l’histoire d’une jeune femme rescapée de la décennie noire (1992-2002) en Algérie. Une période de guerre civile, qui a vu s’affronter l’armée et les islamistes (entre 100 000 et 200 000 victimes) et dont le pouvoir algérien ne veut plus entendre parler… D’où cette plainte contre l’auteur, déposée auprès du tribunal d’Oran pour « violation de la loi sur la réconciliation nationale ».
La suite après cette publicité
« Pendant la guerre civile des années 1990, on assassinait des écrivains, commente auprès du Point Kamel Daoud. Aujourd’hui, on les met en prison et on lance des mandats d’arrêt contre eux. » La poursuite à son encontre se fonde sur une loi de 2005 adoptée sous le régime du président Bouteflika qui prévoit une peine d’emprisonnement de 3 à 5 ans contre « quiconque, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et populaire, fragiliser l’État, nuire à l’honorabilité de ses agents qui l’ont dignement servie, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international ».
La suite après cette publicité
Une autre plainte pour atteinte à la vie privée a été déposée en novembre 2024 devant le tribunal d’Oran. Elle émane d’une femme qui reproche à Kamel Daoud d’avoir utilisé son histoire personnelle, sans autorisation et en enfreignant la confidentialité de son dossier médical, pour nourrir le roman Houris.
L’auteur rejette fermement ces allégations, affirmant qu’il s’agit d’une œuvre de fiction nourrie par son expérience de journaliste au Quotidien d’Oran dans les années 1990. Il doit par ailleurs comparaître ce mercredi 7 mai devant le tribunal de Paris pour une première audience dans le cadre de cette affaire.
Source : Lire Plus






