
Ce lundi 5 mai, au cœur du Palais Bourbon, la députée de la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, Constance Le Grip, prenait la parole au nom de Sabeha et Nawel Sansal, les deux filles de Boualem Sansal. Un moment solennel, intervenant peu après la présentation d’une proposition de résolution appelant à la libération immédiate de l’écrivain, emprisonné « non pas pour un crime, non pas pour une faute, mais pour ce que toute démocratie devrait chérir : ses mots, ses pensées, sa liberté », témoignaient ses deux filles, dans une première lettre ouverte destinée au président Emmanuel Macron et publiée le 15 avril dernier dans les colonnes du Figaro.
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Dans une nouvelle lettre adressée aux députés, les deux filles de Boualem Sansal ont appelé les représentants de la nation française à défendre haut et fort « l’esprit de justice, de liberté et de solidarité qui fait la grandeur de la France ».
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« Notre père est en prison pour avoir refusé de se taire »
Selon Sabeha et Nawel, « (leur) père est en prison pour avoir refusé de se taire. Pour avoir écrit, pour avoir pensé, pour avoir dénoncé l’emprise de l’obscurantisme. » « Aujourd’hui par votre vote, vous allez raviver une espérance, vous allez rendre audible la voix d’un homme bâillonné, d’un écrivain qui est aussi votre compatriote et qui promeut le français comme la langue de l’universel et des lumières. Vous allez faire résonner dans le silence des geôles, la force du mot fraternité, une valeur de portée constitutionnelle en France », écrivent les deux sœurs, qui ont demandé la grâce présidentielle au président algérien Abdelmadjid Tebboune.
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« Votre engagement nous touche profondément », ont-elles ajouté, s’adressant aux députés de la République française. « Il nous rappelle que la République, c’est encore se lever quand la liberté est en danger ; qu’elle sait reconnaître les siens, même exilés, même enfermés, même loin », a prononcé à la tribune de l’hémicycle la députée Constance Le Grip, en leur nom.
Une intervention ovationnée
Un discours porteur d’espoir et de persévérance ovationné par les députés, sous le regard du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
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« La place d’un écrivain n’est pas en prison », a martelé Constance Le Grip, au micro de LCP à la sortie de l’hémicycle. « Il est absolument fondamental et essentiel que l’Assemblée nationale se lève et fasse clairement connaître son indignation face à la détention, à l’incarcération et au sort inique destiné au grand écrivain Boualem Sansal », a-t-elle défendu. Pour la député des Hauts-de-Seine, les représentants de la nation n’ont dans ce bras de fer diplomatique qu’une seule boussole : montrer un attachement entier « à la liberté d’expression, d’opinion et de création des intellectuels et écrivains ».
De fait, une large majorité des députés (307 voix pour, 38 contre) a voté le texte appelant à la libération immédiate et inconditionnelle de l’écrivain, ce 6 mai en fin d’après-midi. Les Insoumis se sont opposés à la proposition de résolution et les communistes ont fait le choix de s’abstenir. En commission, les députés PS s’étaient abstenus ; ils ont fini par changer d’avis aujourd’hui en séance publique.
Détenu depuis le mois de novembre 2024, Boualem Sansal est accusé d’atteinte à l’intégrité du territoire. Les autorités lui reprocheraient des déclarations au média Frontières sur le fait que le territoire marocain aurait été tronqué sous la colonisation française au profit de l’Algérie. Son incarcération mi-novembre a soulevé l’indignation de nombreux responsables politiques et figures des milieux culturels et intellectuels français, dénonçant une arrestation arbitraire et une atteinte à la liberté d’expression. Le gouvernement français demande également sa libération.
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