
« Reconstruire et ouvrir Alcatraz ». C’est la nouvelle ambition de Donald Trump. Le 47e président des États-Unis avait fait de la lutte contre la criminalité l’un de ses chevaux de bataille lors de la dernière campagne présidentielle. Il considère que la réouverture de la prison d’Alcazar serait pour l’Amérique « un symbole de loi, d’ordre et de justice ».
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Bâtie sur un îlot rocheux d’environ 9 hectares, la prison d’Alcatraz, située à deux kilomètres au large de la baie de San Francisco (Californie) était réputée pour être l’une des prisons les plus inhospitalières du monde contemporain. Et pour cause, l’île surnommée « The Rock » offre des conditions de vie des plus austères. Encerclées par des requins, les eaux glaciales d’Alcazar (environ 12°C) sont aussi connues pour leurs violents courants marins.
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Alcatraz, un ancien fort militaire du XIXe siècle devenu l’une des prisons les plus inhospitalières du monde
Isolée à deux kilomètres au large de San Francisco, l’île fut baptisée en 1775 « la isla de los alactraces » par le navigateur espagnol Juan Manuel de Ayala, en raison des nombreux pélicans qui y trouvaient refuge.
Poste militaire au milieu du XIXe siècle, afin de protéger la baie de San Francisco, Alcatraz se transforme en 1909 en une prison militaire, avant de devenir en 1934, une prison fédérale de haute sécurité, sur décision du Département de la Justice des États-Unis. De 1934 à 1963, elle accueille des prisonniers civils, réputés pour être les criminels les plus dangereux et les détenus les plus récalcitrants du territoire américain. Sur l’île, les prisonniers endurent des conditions d’incarcération des plus difficiles. Désignés par un matricule, les 260 détenus (la population carcérale oscillant entre 260 et 279 détenus) s’en tenaient à la stricte règle des « quatre droits » : nourriture, vêtements, logement et soins médicaux. Surveillés en permanence avec des rondes régulières, ils passaient en moyenne entre 16 et 23 heures dans une cellule d’un peu plus d’un mètre sur trois.
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Le débarquement d’activistes amérindiens
En 1969, l’île a été occupée par un groupe d’activistes amérindiens. Nommé « Indians of All Tribes », le mouvement, principalement porté par des étudiants, a débarqué sur l’îlot afin de dénoncer le sort réservé aux peuples autochtones aux États-Unis. L’occupation dura 19 mois, avant que le président Richard Nixon n’ordonne le déploiement d’agents du FBI et de forces spéciales pour y mettre un terme.
Alcatraz : ses célèbres détenus
Parmi ses prisonniers, Alcatraz a accueilli des détenus immensément célèbres. Parmi eux, les plus grands gangsters américains, dont Al Capone, grand chef de la mafia de Chicago. Surnommé « Scarface » (« Balafré »), l’homme né à Brooklyn avait fait fortune dans le trafic d’alcool de contrebande pendant la Prohibition. Condamné en 1931, il sera transféré à Alcatraz en 1934 et placé à l’isolement dans un cachot pour avoir tenté de soudoyer un gardien. Il y eut aussi Robert Stroud, « l’ homme aux canaris d’Alcatraz », également connu sous le nom de « Birdman d’Alcatraz ». Condamné pour homicide, il passera 17 années de prison sur l’île. Son parcours fut retranscrit au cinéma, dans Le Prisonnier d’Alcatraz, un film de John Frankenheimer réalisé en 1962. Mais la prison d’Alcazar entrera dans la postérité en 1962 avec l’évasion spectaculaire de trois détenus, Frank Morris et les frères John et Clarence Anglin. Leur histoire inspira L’évadé d’Alcatraz, film réalisé par Clint Eastwood en 1979.
Fermeture de la prison et succès touristique
En mars 1963, l’agence américaine de l’administration pénitentiaire décide de sa fermeture, au regard de coûts d’entretien très élevés de l’établissement. En raison de son insularité, la prison d’Alcazar, ne disposant d’aucune source d’eau douce, coûtait près de trois fois plus cher que n’importe quelle autre prison fédérale. Les frais de fonctionnement, tels que l’acheminement par bateau d’eau et de nourriture, auront eu raison de l’établissement, après 29 années de service.
L’île devient moins de 10 ans plus tard un site historique protégé, dans le cadre du Golden Gate National Recreation Area (GGNRA), grand parc national urbain crée en 1972. Depuis, l’intérêt du public pour l’île d’Alcatraz n’a cessé de croître, faisant d’Alcatraz l’un des sites touristiques les plus visités, avec plus de 1,7 millions de visiteurs par an.
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