
Les drapeaux ornés de croix celtiques claquent au vent, tandis que des slogans nationalistes sont entonnés à pleins poumons par plusieurs centaines de jeunes hommes et femmes. Le 11 mai 2024, les habitants de Paris ont vu défiler dans les rues de la capitale près d’un millier de manifestants, à l’occasion de la 30e édition de la marche du 9 mai. Un rendez-vous incontournable pour les militants nationalistes de France et de Navarre.
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Comité du 9 mai : « Europe, Jeunesse, Révolution »
Un an plus tard, les affiches rouge et noir annonçant la manifestation ont de nouveau fleuri sur les murs de la capitale. C’est le Comité du 9 mai, ou « C9M », qui est à l’origine de cette manifestation unique en son genre. Ce collectif nationaliste révolutionnaire, actif uniquement à l’approche de la manifestation, a été créé en 1994, après la mort de Sébastien Deyzieu. La marche débute à Port Royal, et se termine rue des Chartreux. En rangs serrés, les militants vêtus de noir, et pour beaucoup le visage dissimulé par des cache-cous, avancent lentement.
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Un seul slogan est de mise, véritable mantra de la mouvance nationaliste révolutionnaire : « Europe, Jeunesse, Révolution ». Les fumigènes sont nombreux, tout autant que les grands drapeaux noirs, frappés de la croix celtique, emblème de la mouvance. Une délégation de militants se rend ensuite dans la cour de l’immeuble où est décédé Sébastien Deyzieu, et dépose une gerbe de fleurs. Enfin, le chant des Lansquenets est entonné par les participants à la manifestation.
Comité du 9 mai : un hommage à un militant nationaliste décédé
Le 7 mai 1994, l’ultra-droite, portée par le Groupe Union Défense (GUD), manifeste dans les rues de Paris « contre l’impérialisme américain ». Le rassemblement avait pourtant été interdit par la préfecture de police de Paris. Des affrontements éclatent entre les militants et les forces de l’ordre, et 107 manifestants sont arrêtés par la police. Sébastien Deyzieu, jeune militant à l’Œuvre française, prend la fuite, poursuivi par la police, et monte dans un immeuble de la rue des Chartreux, avant de faire une chute mortelle du cinquième étage.
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Ils finissent par investir, arme au poing, les locaux de Fun Radio, où ils réclament la démission de l’homme politique
Plusieurs groupes d’ultra-droite, dont le GUD, créaient alors le Comité du 9-Mai. Quelques jours après la mort de leur camarade, les militants tentent sans succès d’envahir le domicile du ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua. Ils finissent par investir, arme au poing, les locaux de Fun Radio, où ils réclament la démission de l’homme politique. C’est l’année suivante, en 1995, que la première manifestation est organisée. Elle se termine dans la cour de l’immeuble où Sébastien Deyzieu a trouvé la mort, une tradition toujours respectée aujourd’hui.
Comité du 9 mai : un regain de participation
Depuis, chaque année en début du mois de mai, une manifestation a lieu dans les rues de Paris. La marche rassemble à ses commencements plusieurs centaines de personnes, mais perd peu à peu en vigueur. En 2017, seulement 80 individus foulent les pavés de l’esplanade de l’Observatoire. C’est également cette année que le GUD décide de s’auto-dissoudre, passant le flambeau de l’organisation de la marche aux Zouaves Paris. La manifestation va alors reprendre du poil de la bête. 170 manifestants en 2018, 300 en 2022… mais c’est lors de l’édition 2024 que le C9M va véritablement entrer dans une nouvelle dimension.
Cette année-là, plus de 500 manifestants défilent de Port Royal à la rue des Chartreux. Les images d’activistes venus de toute la France et même d’autres pays européens font le tour des médias et des réseaux sociaux. « Captain NR », militant bordelais à la carrure spectaculaire, fait le buzz sur Twitter et devient un véritable meme. Dans un post publié sur la messagerie Telegram, le Comité du 9 mai revendique la présence de « 700 militants nationalistes », dont des « camarades bulgares, italiens et hollandais venus commémorer les martyrs du nationalisme ». Le choc est grand dans la sphère politique, de gauche comme de droite. Marine Le Pen, Gérald Darmanin ou encore Jean-Luc Mélenchon condamnent le défilé. En 2024, la préfecture de police décide d’interdire la marche. Las, la justice décide finalement de l’autoriser, au motif de la « liberté de manifester ». 1 200 participants sont revendiqués par les organisateurs, un chiffre historique.
Polémiques et tensions autour de la manifestation nationaliste
Malgré les polémiques, aucun débordement d’importance n’est survenu durant la manifestation. Des altercations verbales éclatent de manière occasionnelle entre des passants et des manifestants. Le service d’ordre très conséquent, chargé d’encadrer la marche, tient à distance les individus menaçants, mais aussi les journalistes. « En cas de provocation extérieure, merci de rester impassible. Le service d’ordre interviendra », annonce d’emblée le C9M sur un visuel.
La préfecture de police de Paris a d’ores et déjà annoncé sa volonté d’interdire l’édition 2025 de la manifestation. Tout comme le rassemblement antifa organisé par l’ultra-gauche.
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