
En ce printemps 2025, les plans gouvernementaux fleurissent comme les fleurs dans les champs. François Bayrou a réussi à se mettre à dos l’ensemble des médecins avec son plan contre les déserts médicaux mais cette polémique a été rapidement couverte par celle suscitée par l’annonce du plan « Filles et maths » de Élisabeth Borne, bien décidée à s’attaquer aux stéréotypes de genre. Ça faisait longtemps !
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Elle a affirmé sans ciller qu’elle souhaitait « forcer le destin » – rien que ça ! – en imposant un quota de 50 % de filles dans les prépas scientifiques. Elle a enfoncé le clou en annonçant une expérimentation dans cinq académies : la création de classes aménagées destinées à renforcer la culture scientifique et mathématique des élèves, classes dont les effectifs devront être composés de 50 % de filles. La ministre projette également un grand plan de formation des enseignants, majoritairement des enseignantes, afin qu’iell.le.s cessent de colporter des stéréotypes de genre, inconscients qu’ils sont du mal qu’ils font.
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Comment expliquer aux enseignants qu’ils ne doivent pas instruire leurs élèves indépendamment de leur genre ?
Rappelons que dans notre beau pays, aucune loi d’aucune sorte ne s’oppose à l’accès des femmes aux études scientifiques, elles y sont encouragées au contraire, et ce depuis longtemps. Les manuels ne colportent plus de stéréotypes de genre, à tel point que le ministère de l’Éducation nationale est obligé d’inventer de toutes pièces des problèmes sexistes pour démontrer leur persistance dans l’univers scolaire (voir sur le site Eduscol : éducation à la sexualité, exemples de séquences pour le cycle 3 Séquence 4 : résolution de problème et éducation à la sexualité).
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Dès 2012, l’Union européenne se démenait avec l’argent du contribuable, lançant une campagne pour « montrer aux jeunes femmes que la science ne se limite pas à des hommes d’un certain âge en blouse blanche ». Elle diffusait un spot télévisé intitulé « (science is a girl thing ») collectionnant tous les clichés sexistes : le rose, les minijupes, les talons aiguilles, la démarche chaloupée troublant un scientifique mâle de la pire espèce, les regards coquins et bien sûr l’omniprésent rouge à lèvres…
Spot prolongé par une exposition dans laquelle les filles étaient invitées à fabriquer leur baume à lèvres ou à reconnaître les parfums menthe ou chocolat dans un bar à oxygène. On peut légitimement douter de l’efficacité de cette vague communicationnelle. Mais aujourd’hui, 65 % des médecins de moins de 40 ans sont des femmes. Plus généralement, elles réussissent mieux leurs études toutes filières confondues. Elles sont 84 % à obtenir le bac (contre 75 % d’hommes) et 31 % à obtenir un niveau master (24 % d’hommes).
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Revenons plus particulièrement sur l’expérimentation projetée en 4e et en 3e. Admettons que l’on oblige les professeurs à constituer des classes scientifiques à moitié composées de jeunes filles. Que doivent-ils faire ensuite s’ils constatent que leurs résultats ne sont pas à la hauteur de ceux des garçons ? Devront-ils les « arranger » afin que la réalité coïncide avec les objectifs du projet ? Pondérer les notes en fonction du sexe de l’élève ? Comment expliquer aux enseignants qu’ils ne doivent pas instruire leurs élèves indépendamment de leur genre, de leur extraction sociale, de leur couleur de peau mais qu’ils doivent discriminer positivement certains d’entre eux ? C’est l’éthique même de leur métier qui est remis en cause.
Quelle humiliation pour les femmes qui ne sauront plus si elles ont été choisies en raison de leur sexe ou de leurs compétences !
Les études scientifiques mènent à des métiers dont le mauvais exercice peut provoquer de graves conséquences. Les responsabilités dans le domaine du nucléaire, la recherche sur les vaccins, la conception d’équipements publics, d’aéronefs ne doivent être confiées qu’en fonction des compétences et de la conscience professionnelle et non des critères d’appartenance à telle ou telle catégorie d’individus. À quand un quota de pilotes de chasse aveugles ou de commissaires obèses, incapables de courir derrière les malfaiteurs ? Le retour de bâtons accélérera cruellement le déclassement de notre pays, sans aucun doute, car d’autres ne s’embarrassent pas de telles considérations. Par ailleurs, quelle humiliation pour les femmes qui ne sauront plus si elles ont été choisies en raison de leur sexe ou de leurs compétences !
La France, l’Europe, manquent de bons scientifiques, c’est un fait. Les filières d’ingénierie peinent à recruter. Mais ce qui est en cause est le niveau désastreux de nos élèves qui ne maîtrisent plus ni leur langue ni les concepts scientifiques, mal formés par des professeurs de moins en moins motivés (on les comprend) et parfois eux-mêmes mal enseignés.
Et s’il arrive que des femmes rencontrent des obstacles pour entreprendre les études de leur choix, c’est généralement lié à l’idéologie islamiste qui sévit dans certains milieux et porte en son sein le projet de soumettre la femme à l’homme. La crainte de stigmatiser toute une communauté nous tétanise mais c’est bien à ces sujets sensibles que nos ministres doivent s’attaquer et non à des moulins à vent que leurs cerveaux détraqués par l’idéologie voient tourner aux portes des écoles et des universités.
*Lisa Hirsig a publié La grande garderie, Albin Michel, 288 p., 20,90 €.
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