
Des mois, des années que les services secrets américains traquent sans relâche Oussama Ben Laden, considéré comme le sabre d’un islam conquérant, qui a battu l’Armée Rouge en Afghanistan et touché l’Amérique au coeur, le 11 septembre 2001. Quand, enfin, le 2 mai 2011, un commando US s’infiltre dans une maison à Abbottabad, à une cinquantaine de kilomètres d’Islamabad, la capitale du Pakistan. L’ennemi public le plus recherché de la planète y a été repéré.
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Robert O’Neill, le tireur, a commenté l’opération militaire : « Quand je lui ai fait face, j’ai tout de suite pensé qu’il avait une ceinture d’explosifs autour de sa taille. Je n’avais qu’une chose à faire : viser la tête. Il avait l’air plus confus qu’autre chose. C’était la nuit, on le réveillait…J’ai tiré sans l’ombre d’une hésitation. » Curieusement, les premières annonces de la mort de Ben Laden sont franchement mensongères ou bien étrangement approximatives.
Ainsi, le président Obama annonce à la télévision que le terroriste a été tué après un échange de tirs. Ce n’est pas faux, mais laisse croire que Ben Laden, lui-même, a pris les armes et a tiré sur ses assaillants. Or, le seul à avoir riposté est l’un des messagers de Ben Laden, aussitôt abattu.
La démocratie et les droits de l’homme étaient pour lui quelque chose qui attaquait la pureté de l’islam
Au total, le cafouillage est tel que le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a dit souhaiter « une divulgation complète des faits précis entourant l’opération ». Et Obama n’aura accès à toutes les informations que quelques jours après. De même que le ministère de la Défense américaine rendra publiques cinq vidéos montrant Ben Laden dans son repaire, déjà vieil homme, mine grave, emmitouflé dans une couverture marron, en train de regarder la télévision, ou enregistrant des messages de menace.
Dans son édition du 8 mai 2011, le JDD porte l’accent sur les secrets révélés de Ben Laden et ce que les Français peuvent désormais redouter. On y apprend, par exemple, que la France, après les États-Unis, était sans doute le pays le plus honni par Oussama Ben Laden. Ses menaces portaient sur le traitement des musulmans dans notre territoire et sur le système laïque français. La démocratie et les droits de l’homme étaient pour lui quelque chose qui attaquait la pureté de l’islam.
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Aujourd’hui, c’est avant tout pour les intérêts français à l’étranger – ambassades, escales Air France –, particulièrement sur le continent africain, que les responsables policiers s’inquiètent.Aux yeux de Alain Bauer, président du Conseil supérieur de la formation et de la recherche scientifique, pas de doute possible :« Nous, Français, nous sommes considérés comme un “petit Satan”.Et la disparition de Ben Laden va créer des pulsions relevant plus du spontané que du planifié ». Le plus grand danger pour la France ? « Le militant intérieur davantage que le terroriste exporté. »
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