Sindoor. C’est le nom de code donné par l’armée de l’air indienne à une opération visant à bombarder neuf sites au Pakistan, ce mercredi 7 mai. Pour justifier cette mission, New Delhi soutient que ces installations servaient à « planifier et ordonner des attaques terroristes contre l’Inde ». Selon l’armée pakistanaise, les frappes auraient causé la mort d’au moins 26 civils et fait 46 blessés. Elles répondent à l’attentat ayant causé 26 morts dans la région de Pahalgam, le 22 avril — et pour lequel l’Inde soupçonne l’implication d’éléments pakistanais.
À la suite de cette opération, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a déclaré que cinq avions indiens avaient été abattus, dont un MiG-29, un Soukhoï Su-30 et trois Rafale.
Pour l’heure, cette version n’est pas confirmée, et seule la destruction d’un Rafale semble étayée. Mais alors, comment un appareil considéré comme l’un des plus performants au monde a-t-il pu être touché ? « Tout dépend de la manière dont l’opération a été planifiée », explique au JDD Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’Onu. « Si vous envoyez un avion sans protection – comme des systèmes de guerre électronique pour détecter les radars ennemis ou neutraliser la défense aérienne –, alors il devient vulnérable », précise-t-il, alors que le Rafale aurait été abattu côté indien, et non au-dessus du Pakistan.
« La planification de la mission a clairement été défaillante », tranche Xavier Tytelman consultant en aéronautique et défense, auprès du JDD. « Lorsqu’on mène une opération de type strike, deux stratégies s’offrent à nous : soit on vole à très basse altitude pour échapper aux radars et frapper la cible par surprise, soit on attaque de loin, à haute altitude, ce qui permet une portée accrue. »
Cependant, l’Inde a annoncé qu’elle ne franchirait pas l’espace aérien pakistanais et qu’elle ne détruirait aucune cible militaire. Résultat : « Tout a été lancé depuis son propre territoire, à grande distance et en altitude. En agissant ainsi, elle s’est placée à portée des missiles pakistanais sans avoir pris soin de neutraliser leurs capacités d’interception », poursuit le spécialiste
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Le Rafale a déjà fait ses preuves
Le recours à l’avion construit par Dassault s’explique par sa capacité à frapper en profondeur avec les missiles Scalp, dont la portée atteint 300 kilomètres. « Ces frappes sont les plus importantes dans la profondeur menées par l’armée indienne depuis les années 1970. Le résultat opérationnel est satisfaisant sur ce plan-là », souligne Xavier Tytelman.
Si l’information venait à être confirmée, ce serait la première fois qu’un Rafale est abattu en opération. Faut-il pour autant y voir une faiblesse de l’appareil français ? « Il n’est pas en cause », assure Dominique Trinquant. « Avec les armées françaises, l’avion a déjà mené des dizaines de missions similaires, notamment au Sahel ou au Levant », rappelle-t-il.
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