
Depuis le balcon de la loggia de Saint-Pierre, le nouveau pape Léon XIV a adressé quelques-uns de ses premiers mots à son peuple adoptif du Pérou. En espagnol, il a lancé un « salut à tous et en particulier à mon cher diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, partagé sa foi et donné beaucoup, beaucoup pour continuer à être une Église fidèle à Jésus-Christ ». Au même instant, à plus de 10 400 kilomètres, les cloches sonnaient dans chacune des églises de son ancien diocèse, les sirènes sifflaient dans les rues et le Parlement suspendait même sa séance pour saluer « le nouveau pape péruvien » ! Sur les réseaux sociaux, la photo d’une carte d’identité péruvienne au nom de Robert Francis Prevost – acquise en 2015 et sans date limite – a immédiatement circulé. « Dios es peruano » (Dieu est péruvien) est une expression utilisée dans le pays lorsque la chance sourit. Désormais… le pape aussi !
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« Il a été au cœur des populations qui ont souffert des désastres »
Ce 8 mai au soir, les fidèles n’en croyaient pas leurs oreilles : ils ont accouru sur le parvis des églises pour partager la joie de l’élection du nouveau pontife qu’ils connaissent déjà bien, rassurés d’être toujours dans son cœur ! Pendant presque vingt ans, le pape Léon XIV a en effet habité au Pérou. D’abord comme missionnaire, puis comme responsable du séminaire augustinien de Trujillo, et enfin comme évêque de la ville de Chiclayo, dont il était auparavant administrateur apostolique. « Il connaît notre richesse mais aussi nos misères, confie Carmen, une fidèle de Lima. Il a été au cœur des populations qui ont souffert des désastres : inondations, délinquance… »
Une longue mission dont les photos ont inondé les médias locaux comme les réseaux sociaux pendant toute la semaine. On le voit en bottes après les inondations qui ont touché le Nord du pays, à table en train de servir de la soupe traditionnelle, ou à cheval lorsqu’il était évêque. Il est décrit là-bas comme un homme proche du peuple et touché par la misère sociale, mais c’est également sa proximité avec les prêtres qui est soulignée. Ceux qui l’ont côtoyé pendant des années témoignent de sa « bonté » et de son « esprit fraternel ».
Le père Jorge Millan, heureux de se dire « ami du nouveau pape » – avec qui il a habité pendant huit ans –, se souvient : « Dans sa prise de décision et dans la gouvernance, c’est un homme à la fois prudent et efficace. » Il salue un « homme de foi » qui a surtout voulu apporter Dieu à une population certes catholique à 70 %, mais dont la pratique diminue, du fait de l’influence des églises évangéliques et du chamanisme très présent en Amazonie.
Localement, les médias rappellent aussi qu’en 2023, lorsque le pape François l’avait appelé au Vatican, le cardinal Prevost s’inquiétait d’abandonner ce peuple qui souffrait alors d’une forte crise politique et de nombreuses révoltes… Un attachement qu’il a encore prouvé en août dernier, en faisant le déplacement au Pérou pour venir célébrer le 60e anniversaire du diocèse de Chulucanas, son premier lieu de mission il y a quarante ans. C’était sa dernière visite au Pérou, et les mots de son homélie restent gravés dans la mémoire d’un peuple souffrant : « Lorsque nous sommes dans l’épreuve et fatigués, Dieu nous donne sa force. »
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