
Il y a des semaines où les masques tombent. Et d’autres où ce sont les costumes entiers qui s’effilochent. Pour La France insoumise, celle qui vient de s’écouler ressemble à un effondrement. Quand un mouvement politique qui se voulait l’incarnation du peuple finit hué par l’ensemble de l’Hémicycle, il ne s’agit plus de diabolisation. Il s’agit d’un retour de flamme. Et cette fois, la torche, c’est eux qui la tiennent.
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Tout commence à l’Assemblée nationale. Une résolution simple, presque consensuelle : réclamer la libération de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien emprisonné pour ses idées. Droite, centre, gauche – tout le monde vote pour. Tout le monde ? Non. Un petit groupe d’irrécupérables résiste encore et toujours à l’évidence : les Insoumis. Ils refusent de soutenir le texte. Au nom de quoi ? Du dialogue avec Alger, bien sûr. Du refus de la « surenchère médiatique ». Autrement dit : surtout ne pas froisser leurs amis de là-bas, leurs électeurs ici, même si un écrivain croupit en prison.
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Résultat : une sortie théâtrale de l’Hémicycle, des huées en cascade, et une image désormais familière — celle d’un groupe refermé sur lui-même, paranoïaque et rigide, préférant le confort de la posture à l’effort de la vérité. Le problème, ce n’est plus la diabolisation. C’est l’isolement volontaire. LFI ne dérange plus, elle déroute. Elle ne fait plus peur, elle fatigue, elle exaspère, elle se ridiculise.
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Il y a une ligne qu’on ne franchit pas. Ou alors, on accepte d’en payer le prix. Cette semaine, La France insoumise l’a franchie en voulant retirer, par amendement, le mot « antisémitisme » d’un texte censé… lutter contre l’antisémitisme. Comme s’il fallait le diluer, le noyer, le faire disparaître dans un grand bain tiède de bonnes intentions.
Mais enfin, qu’est-ce que c’est que cette gauche-là ? Une gauche qui prétend que nommer l’antisémitisme, c’est stigmatiser ? Qui confond la justice avec le relativisme, la vigilance avec l’aveuglement ? Les Insoumis, eux, courbent l’échine. Ils s’interdisent de désigner certaines haines, de peur de froisser leur électorat. Une gauche qui n’ose plus défendre les Juifs au nom de la paix sociale dans les quartiers ?
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Le plus grave, c’est que cette lâcheté se déguise encore en vertu. Ils parlent d’universalisme, de lutte contre « toutes les discriminations ». Mais derrière cette façade humaniste, on sent le calcul. L’obsession électoraliste. L’instrumentalisation du multiculturalisme comme outil de pouvoir.
Et pendant ce temps, le poison se répand. Dans les facs, dans les réseaux sociaux, dans les cortèges. Et qui porte cette responsabilité ? Ceux qui ont refusé de nommer l’ennemi. Ceux qui, au nom d’un vivre-ensemble illusoire, ont laissé grandir la haine. Oui, LFI est aujourd’hui l’un des vecteurs de l’antisémitisme contemporain. Pas par haine des Juifs, non. Par peur de leurs bourreaux.
La Meute dresse un portrait clinique de La France insoumise
Et comme si l’Assemblée ne suffisait pas, voilà qu’un livre vient tirer le rideau sur la mise en scène. La Meute, signé par deux journalistes pourtant peu suspects de droitisme, dresse un portrait clinique de La France insoumise : derrière les cris, les postures, la « révolution permanente », il y a un clan. Une meute.
Jean-Luc Mélenchon Mélenchon n’est plus un homme politique, c’est un gourou à cravate rouge. Il parle, on s’incline. Il fulmine, on se tait. Il purgera, comme il l’a toujours fait. Et ceux qui s’en vont ? Traîtres. Reniés. Bannis. Le livre raconte une mécanique de la terreur : des collaborateurs tétanisés, des fichages internes, des jeunes députés élevés dans la vénération et la peur, des anciens compagnons liquidés.
On nous avait vendu un mouvement gazeux, horizontal, participatif. On découvre un appareil hiérarchisé, autoritaire, verrouillé. Une cour d’école encadrée par des apparatchiks. Le grand théâtre mélenchoniste, c’était donc ça : un hologramme sur scène, et un carnet noir en coulisses. À la fin, c’est toujours le même scénario : le vieux tribun donne ses ordres, les jeunes répètent la leçon, et le réel n’a qu’à bien se tenir.
Mais voilà : le réel revient toujours. Et cette semaine, il est revenu comme un boomerang. LFI voulait incarner le peuple contre le système. Elle est devenue un système contre le peuple. Un système refermé sur lui-même, dogmatique, incapable de se remettre en cause. Alors oui, Jean-Luc Mélenchon bouge encore. Mais politiquement, il est déjà mort. Ce qui reste, c’est une voix qui crie dans le vide. Et que plus personne n’écoute.
Source : Lire Plus





