« Fabiooooooo ! » hurle le speaker officiel. Parfait dans son rôle d’ambianceur de circuit, il enchaîne : « C’est le ‘‘pole-man’’, ici, devant vous public du Mans, c’est trop génial ! » Qui l’aurait cru il y a quelques semaines, lorsque le Niçois se démenait au guidon de sa Yamaha pour ramener quelques maigres points ? Après deux saisons à regarder l’arrière-train de la concurrence (10e du classement des pilotes en 2023, 13e en 2024), la renaissance (si elle se confirme) a commencé il y a un mois au Qatar, quatrième manche du championnat du monde. À Doha, il réalise en effet le troisième temps des qualifications, synonyme de départ en première ligne, ce que « El Diablo » n’avait plus connu depuis près de trois ans. Il finira 7e de la course arabique. Il y a deux semaines, en Espagne, son pays d’adoption (il y a fait toutes ses classes et vit aujourd’hui en Andorre), le champion 2021 claque le meilleur chrono des « qualif’ », plus de mille jours après sa précédente pole position. Le Grand Prix dominical se déroule encore mieux qu’à Doha, puisqu’il termine deuxième à Jerez, mettant à un terme à plus de 500 jours sans podium !
Publicité
La suite après cette publicité
Rebelote ce samedi 10 mai dans la Sarthe : le gaillard de 26 ans est le plus rapide des qualifications, record du tour à la clef. Une minute 29 secondes et 324 millièmes lui ont suffi pour boucler les 4,185 km du circuit Bugatti. On laisse les adeptes des mathématiques calculer sa moyenne horaire… Sachez que dans la ligne droite des stands, la vitesse de pointe dépasse les 320 km/h ! Dans l’après-midi, le public a eu l’opportunité de l’encourager une nouvelle fois lors de la course-sprint, avec treize tours au menu (contre 27 lors du GP ce dimanche 11 mai). En rejoignant la ligne de départ, il gratifie ses supporters d’une interminable roue arrière levée, histoire de faire chauffer le pneu avant et d’en mettre plein les mirettes à la foule. Les tribunes dégoulinent de monde.
Le Mans se prend à rêver d’un podium du Niçois
Sous un soleil presque estival, le drapeau s’abaisse. Il résiste à Marc Marquez jusqu’au 6e tour, où la star catalane le dépasse dans le virage de la Chapelle. Au 8e, c’est le frangin, Alex, qui profite de la chicane Dunlop pour doubler le Français. Au 10e, c’est encore un Espagnol, le novice Fermin Aldeguer, 20 ans, qui le passe malgré une belle résistance. Quatrième du sprint derrière trois Ducati, les bécanes qui dominent actuellement la Moto GP, c’est déjà un accomplissement qui ferait même oublier la prometteuse 6e place de son compatriote Johann Zarco sur une bécane non italienne, une Honda. « J’aurais signé pour une quatrième position avant de venir ici, concède-t-il. Le step [la « marche », NDLR] entre le Qatar et Jerez a été assez brusque. Retrouver la pole, être leader d’une course… On a brûlé les étapes. Je pense qu’il y a des circuits où l’on va souffrir. » Interrogé après le sprint, Marc Marquez, qui vise un 7e titre planétaire dans la catégorie reine, lâche dans un anglais à la sauce espagnole : « Amazing race de Fabio. »
Oui, fantastique course d’El Diablo. Parce que sa Yamaha n’est pas redevenue du jour au lendemain une machine performante. Les problèmes d’adhérence sont toujours présents. Si d’incontestables progrès ont été réalisés par l’écurie japonaise, c’est son talent, reconnu, du paddock, qui lui a permis de revenir aux avant-postes, depuis Doha. Cet après-midi, terminer dans le Top 3 du GP manceau serait une sacrée réussite. Devant, les frangins Marquez sont clairement au-dessus du lot, Marc ayant d’ailleurs repris hier à son cadet la tête du championnat pour deux petits points (Quartararo est 6e devant Zarco). Le public ne s’y trompe pas en leur réservant une acclamation à chacune de leurs apparitions. Une jeune fille, maillot rouge Ducati sur le dos, se tourne vers un proche : « J’ai eu l’autographe de Fabio, de Marc et Alex. » Le trio gagnant dans le cœur des supporteurs…
Source : Lire Plus





