Un château à sauver vaut bien une messe et Réginald (Pascal Demolon, en verve) manigance pour décourager le blanc-bec fiancé à sa fille. Pour arranger ses affaires, il faudrait un catholique exemplaire, mais le prétendant de substitution (Jean-Baptiste Lafarge, lumineux) semble n’être ni l’un ni l’autre… Ce premier film au budget serré tire le meilleur parti de comédiens talentueux, et surprend en laissant le vaudeville en sourdine pour une comédie familiale malicieuse… Et spirituelle ! Humbert Angleys
D’Albéric Saint-Martin, avec Pascal Demolon et Philippe Duquesne. 1 h 34.
Partir un jour

On la connaît chanteuse, on la découvre comédienne. Juliette Armanet montre son talent dans le premier long métrage d’Amélie Bonnin. Alors qu’elle s’apprête à ouvrir son restaurant, elle part aider ses parents dans leur resto routier. L’occasion de retrouver ses anciens camarades de lycée et son premier amour… Cette comédie délicieusement nostalgique a ouvert, hors compétition, le Festival de Cannes hier soir. Baptiste Thion
D’Amélie Bonnin avec Juliette Armanet, Bastien Bouillon. 1 h 38.
La série de la semaine
Cette nuit-là

Après une dispute avec ses parents, Sofia (15 ans) décide de fuguer. Le lendemain, sa famille s’est mystérieusement évaporée, sans laisser la moindre trace. Hantée par cette disparition, deux décennies plus tard, la jeune femme découvre un indice qui la met enfin sur une piste. Sauf que celle-ci n’est pas sans danger… Adapté du best-seller de Linwood Barclay (400 000 exemplaires vendus en France), ce thriller nous plonge dans une atmosphère glaçante de bout en bout… Addictif, jusqu’à son dénouement, aussi déroutant que percutant. Florian Anselme
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Laurent Burtin. Avec Barbara Probst, Pascal Elbé, Hugo Becker et Fantine Harduin. Quatre épisodes de 50 minutes. Disponible sur France. TV
Spectacles
À la lueur des bougies

Plus de 50 concerts à la bougie programmés dans les plus belles églises de la région Auvergne-Rhône-Alpes… Après avoir illuminé Marseille, le festival de musique sacrée, parrainé par Stéphane Bern, illumine les lieux sacrés, en ville comme à la campagne. Musique classique, gospel, jazz, polyphonies corses, musique du monde, chœur d’enfants… Seul, en couple ou en famille, chacun pourra trouver la meilleure et la plus poétique des manières de rendre hommage aux édifices religieux en élevant son âme. Armelle Favre
Du 16 au 25 mai dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. Renseignements : sacreemusique.com
À écouter
Miel de montagne, artiste haut perché

Il y a de ces musiciens délicieux et sucrés dont on attend les sorties comme une mignardise : on devine que leur douceur nous touchera à nouveau. Et tant pis si la mélancolie sauce dub (Des heures) ou les déceptions amoureuses (Aïe) l’enfoncent un temps, Milan Kanche alias Miel de Montagne est fait pour les hauteurs : ses arrangements minimalistes ne se perdent pas en gamme mineure, sa voix monte naturellement dans les aigus, il finit par chanter combien il est Fou de toi et Prend du plaisir. Dans le domaine de l’électro pop, Jacques et Voyou ont un bon copain, fidèle et fou. Georges Grange
Ouin Ouin, Miel de Montagne, Recherche & Développement/Délicieuse Records.
À lire
Drames et paillettes chez les Kennedy
Quelle intimité sauver quand on s’appelle John Kennedy Jr. ? Dans Carolyn et John, Stéphanie des Horts retrace le destin tragique d’un fils écrasé par son héritage et son épouse Carolyn Bessette. Loin de l’image du couple mythique, on découvre deux êtres écrasés par la célébrité : lui, enfant des projecteurs, charmant et casse-cou, elle, rétive aux flashs, fragile et traquée. Le roman dresse deux portraits derrière l’icône, dévoilant les tensions conjugales, les démons intérieurs et la fatalité qui planait sur leur amour. Une biographie romancée captivante, au souffle romanesque puissant, qui révèle l’envers cruel du glamour. Georges Grange
Carolyn et John, Stéphanie des Horts, Livre de Poche, 336 pages, 7,90 euros.
Les serments de la pierre

Imaginez un atelier poussiéreux, un gamin surdoué surnommé Mimo qui rêve de pierres et de ciseaux, et Viola, jeune fille insolente prête à défier les convenances d’une époque corsetée. C’est par là que Jean-Baptiste Andrea nous embarque avec Veiller sur elle, prix Goncourt 2023 plein de vitalité et d’audace romanesque. Andrea a du Dumas dans la fougue, du Hugo dans l’épaisseur des âmes. En arrière-plan, l’Italie du XXe siècle se dessine, habitée par les secrets d’une pietà dissimulée et les serments impossibles de deux enfants liés à jamais. Alix Avril
Veiller sur elle, Jean-Baptiste Andrea, éditions Proche, 560 pages, 9,70 euros.
Le palace des bagnards d’honneur

Pour qui connaît les quartiers chics de la capitale, le Lutetia y tient une place de renom. Cet hôtel de luxe situé dans le VIe arrondissement de Paris se remarque par son architecture, mélange d’Art nouveau et d’Art déco. Ce que l’on sait moins, c’est qu’à compter d’avril 1945, il devient pendant quatre mois un centre d’accueil et de contrôle des déportés. Le palace voit passer entre 17 et 20 000 hommes, soit plus d’un rapatrié sur trois. Quatre-vingts ans après la Libération, son histoire reste méconnue ; l’historienne Marie-Jo Bonnet la réhabilite dans Lutetia 1945. Aziliz Le Corre
Lutetia 1945. Le Centre d’accueil et de contrôle des déportés, Marie-Jo Bonnet, Chryséis éditions, 176 pages, 10 euros.
La mémoire et la grand-mère

L’exil porte en lui la mémoire autant que l’amnésie : en retournant en Algérie, d’où sa famille était partie après « les événements », la narratrice entend bien faire la paix avec elle-même, cette paix qu’un déchirement familial a empêchée. Là, dans l’agitation de Constantine ou dans les fracas de la guerre, deux générations reprennent vie, en particulier sa grand-mère Aziza. À travers des bribes de souvenirs et des recettes de cuisine (!), ce récit, personnel et secret, fait s’incarner un destin disparu. G. G.
Aziza, Valérie Clo, Buchet Chastel, 191 pages, 18,90 euros.
Le mot rare
Abigéat : délit de vol de troupeau
En droit romain, avant que les animaux ne soient pucés, bagués, numérotés, il était difficile de prouver un vol de bétail. C’est pourquoi soustraire des bestiaux à leurs pâturages était un délit particulièrement grave. Ce qui nous étonne, c’est que le sens de ce mot n’ait pas été dévoyé, par analogie, dans le champ politique, où le détournement d’électeurs d’un pré à l’autre s’apparente à un abigéat souvent grossier. G. G.
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