«Ce mercredi 7 mai 2025, je me suis donné la mort après avoir commis un infanticide en la personne de ma fille. » Philippe Chabert, 42 ans, ne pensait pas qu’il serait retrouvé vivant chez lui, à Mûrs-Erigné (Maine-et-Loire), après avoir absorbé une grande quantité de médicaments. Son ex-femme, dont il est séparé depuis 2018, a eu le temps d’alerter les secours en découvrant le message inquiétant qu’il a posté sur Internet. Mais pour Emma, 13 ans, il était trop tard. Placé en garde à vue, son père a été, après quelques heures, hospitalisé « sous contrainte », a indiqué le procureur de la République d’Angers, Eric Bouillard. L’enquête visant à éclaircir les circonstances de ce geste et à mieux cerner la personnalité du suspect principal.
La vie de Philippe Chabert semble avoir basculé lorsqu’il a acheté, en 2021, une maison à Denée, au sud d’Angers. Il découvre rapidement de nombreux vices qui la rendent inhabitable. Il s’est alors lancé dans une croisade insensée contre le notariat. En mars dernier, il a été condamné à 10 mois de prison avec sursis assortis d’une obligation de soins pour avoir harcelé et menacé la chambre interdépartementale des notaires de Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe. A l’audience, à laquelle assistait Ouest-France, le paysagiste s’était présenté comme une victime du notariat. Une expertise psychiatrique du prévenu révélait « un trouble délirant persistant de revendication, une quérulence processive, des traits paranoïaques ».
Sur LinkedIn, il se présente comme « initiateur de l’Observatoire Indépendant du Notariat en France » et « créateur de la revue Réseaux ». « Une difficulté rencontrée avec des notaires m’a révélé les failles d’un système complexe et le manque d’information accessible aux citoyens », explique-t-il. Réseaux serait, selon lui, d’une « revue alternative qui ose poser les vraies questions ». Le quadragénaire, qui en est le directeur de la publication, « se questionne sur le délabrement de notre société et s’étonne particulièrement qu’aucun média n’évoque davantage les problématiques du notariat ».
Mercredi, après avoir annoncé le meurtre de sa fille, il a publié sur son site Internet un ouvrage en PDF de 240 pages intitulé : « Les notaires m’ont tué, la Justice leur a fourni les armes. » Il y décrit « les raisons de cette violence judiciaire qui détruit des vies entières, qui détruit des couples et pousse les hommes à commettre l’irréparable ». Il demandait aux lecteurs de le télécharger « avant que les institutions ne fassent supprimer cette publication ». « Force et courage à tous les survivants de ce pays de merde », concluait-il son message.





