
« Catastrophe » : c’est la signification du mot « Nakba » en arabe. Ce terme est employé par les descendants des 800 000 Palestiniens, déplacés de force lors de la création de l’État d’Israël en 1948.
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Nakba : un terme né sous la plume de l’intellectuel syrien Constantin Zureik
Ce concept, entré peu après son apparition en 1948 dans le dictionnaire politique arabe, est né sous la plume de Constantin Zureik, un célèbre intellectuel syrien. Le mot « Nakba » puise son origine dans l’un de ses essais : Ma’an Al Nakba (« La signification de la Catastrophe »), qu’il rédige durant l’été 1948 tandis que les armées arabes coalisées connaissent une défaite cuisante face à la jeune armée israélienne. « La défaite des Arabes en Palestine n’est pas une calamité passagère ni une simple crise, mais une catastrophe (Nakba) dans tous les sens du terme, la pire qui soit arrivée aux Arabes dans leur longue histoire pourtant riche en drame ». L’opuscule, réédité plusieurs fois et traduit en anglais, est un succès immédiat et pénétrera rapidement les consciences du monde arabe.
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« La grande catastrophe » : l’exil palestinien
Pour les Palestiniens, la Nakba évoque l’exil forcé de mai 1948, après la création d’Israël et de l’Alyah des Juifs en Palestine au sein des frontières de leur nouvel État. Dès le lendemain de la proclamation de l’État hébreu par Ben Gourion, le 14 mai 1948, des centaines de milliers de Palestiniens furent dispersés dans des camps, notamment aux frontières des pays arabes voisins. Une vie de réfugiés et d’apatrides débute alors pour eux, au Liban, en Syrie, en Jordanie, outre les territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza.
Nakba et nationalisme palestinien
Les Arabes palestiniens commémorent chaque année depuis l’année fatidique (1948), la Nakba, indissociable de l’immigration juive et de la naissance d’Israël. L’implantation en Palestine d’un État juif, non désiré par les peuples Arabes, a été perçue dans le monde musulman comme un prolongement du colonialisme occidental et du nationalisme européen. Dès lors, la Nakba fait écho au ressentiment et au désir de revanche envers Israël qui traverse les populations arabes.
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À travers une série de guerres perdues (1949, 1967, 1973), les pays arabes n’ont pas su défendre la cause palestinienne ni s’accorder sur une paix commune négociée avec Israël afin de donner corps aux revendications nationalistes palestiniennes.
Ces revendications sont d’autant plus précaires que le peuple palestinien est géographiquement morcelé : des Palestiniens se trouvent en Israël, dans les territoires occupés de Cisjordanie, dans la bande de Gaza ou encore au sein des pays arabes de la région (Liban, Syrie, Égypte, Jordanie). Sans compter ceux résidant au-delà du monde arabe, en Europe et en Amérique.
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