
L’enquête avance. Une vague d’interpellations a été lancée ce mardi 13 avril dans le cadre de l’enlèvement d’Amir DZ, imputé aux services secrets algériens, selon une information du Parisien. Cinq nouvelles personnes ont ainsi été placées en garde à vue. Elles sont soupçonnées d’être les membres du commando ayant kidnappé l’influenceur algérien le 29 avril 2024, dans le Val-de-Marne. L’opposant au régime d’Abdelmadjid Tebboune avait été enlevé par une équipe de faux policiers, drogué et séquestré, avant d’être relâché en pleine forêt.
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L’enquête révèle qu’Amir Boukhors (de son vrai nom) était la cible d’un contrat criminel commandité et sous-traité à des exécutants. Tout semble démontrer que cette opération clandestine est signée du régime algérien, furieux contre cet opposant politique. Et pour cause : l’activiste de 42 ans, réfugié en France, attaque régulièrement le gouvernement dans des vidéos dénonçant notamment des affaires de corruption. Il est ciblé par sept mandats d’arrêt émis par les autorités algériennes, son pays natal, où il risque la peine de mort.
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D’après le scénario reconstitué par les enquêteurs et magistrats, Amir Boukhors devait être exfiltré de force jusqu’en Espagne avant de rejoindre l’Algérie. Pour des raisons encore troubles, les exécutants ont renoncé à la mission. Reste que les investigations de la brigade criminelle et la DGSI ont permis d’établir que le kidnapping aurait été pensé et préparé depuis les plus hautes sphères diplomatiques algériennes en France. En particulier de l’ambassade d’Alger à Paris et du conseil algérien à Créteil, où des espions auraient opéré sous couverture diplomatique.
Une arrestation qui a accentué la crise diplomatique entre Paris et Alger
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Comme l’a révélé le JDD, les enquêteurs soupçonnent l’implication du numéro 2 de l’ambassade dans ce rapt. Haut diplomate, ce trentenaire était en réalité un sous-officier algérien des services de renseignements extérieurs. La responsabilité et l’organisation des actions clandestines visant les ressortissants algériens en France lui sont ainsi attribuées pour le compte du président Abdelmadjid Tebboune en personne.
Un autre commanditaire est présumé, opérant au consulat algérien de Créteil. Celui-ci était par ailleurs l’officier traitant d’un fonctionnaire de Bercy, retourné en tant que taupe par les services secrets algériens, visant à fournir des informations confidentielles sur les détenteurs algériens du droit d’asile en France. Selon Le Parisien, des « éléments matériels » incluant des exploitations de leur bornage téléphonique, et pour l’un d’entre eux un mouvement bancaire suspect, viennent accroître les soupçons de leur participation à l’enlèvement de l’opposant.
Depuis le début de l’affaire, trois hommes ont déjà été mis en examen et écroués. Dont un certain Smail R., agent consulaire de Créteil, détenteur d’un passeport de service mais non protégé par l’immunité. Une arrestation qui a accentué la crise diplomatique entre Paris et Alger. Niant toute implication dans l’enlèvement d’Amir DZ, le régime algérien a répliqué en expulsant 12 agents français en Algérie, avant que la France n’applique la même mesure en guise de réciprocité.
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