
Une configuration politique surprenante d’un point de vue français. Au Royaume-Uni, le Premier ministre britannique de centre gauche Keir Starmer accuse la droite d’avoir facilité l’arrivée d’étrangers, afin de peser à la baisse sur les salaires. « Les Conservateurs ont mis en place un système d’immigration qui s’appuyait sur une main-d’œuvre étrangère bon marché au lieu d’investir dans les travailleurs britanniques », a pesté le chef du gouvernement. Et d’enfoncer le clou : « Cette trahison prend fin aujourd’hui. »
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De fait, le gouvernement travailliste prévoit un plan ambitieux de réduction de l’immigration – y compris légale. Ce 12 mai, Keir Starmer en a dévoilé les principaux axes : durcissement inédit des conditions d’octroi de titres de séjour, hausse du niveau d’études requis pour obtenir un visa de travail, limitation du regroupement familial, facilitation des expulsions d’étrangers condamnés… « Une rupture nette avec le passé », assure le Premier ministre. Un tournant qui pourrait être motivé par la percée lors des récentes élections locales de Reform UK, la formation de Nigel Farage qui a placé la lutte contre l’immigration au centre de son programme.
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Pointés du doigt par la gauche, les Tories ont-ils vraiment encouragé l’immigration au cours de ces dernières années ? Les prédécesseurs conservateurs de Keir Starmer au 10 Downing Street ont martelé leur intention de limiter l’entrée d’étrangers au Royaume-Uni. Rishi Sunak, à la tête du gouvernement de 2022 à 2024, avait ainsi déclaré lors d’une interview à la BBC que l’immigration légale était « trop élevée » et qu’il convenait de la réduire. Avant lui, Boris Johnson (2019-2022) a mis en place un système d’immigration par points, tenant compte notamment des qualifications, du salaire et de la profession, dans le but affiché de « reprendre le contrôle des frontières ». Theresa May (2016-2019) avait, quant à elle, fixé pour objectif de ramener l’immigration nette dans le pays à moins de 100 000 personnes par an.
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En pratique, l’immigration nette n’est jamais descendue au-dessous de la barre des 200 000 individus par an sous Theresa May. Puis elle a chuté en 2020 (111 000), en raison des restrictions liées à la crise du Covid, pour grimper jusqu’à un niveau record (906 000) en 2023. Avant d’enregistrer une légère baisse (728 000) l’année suivante. Des résultats globalement éloignés, donc, du tour de vis promis à maintes reprises par la droite.
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