Le JDNews. Vous avez été appelé comme réserviste quelques heures après l’attaque du 7-Octobre. Vous dites avoir eu immédiatement la conviction qu’il s’agissait d’une guerre existentielle… Expliquez-nous.
Elkana Cohen. Absolument. Le 7-Octobre a été un tournant. On comprend très vite qu’il ne s’agit pas d’une guerre territoriale, mais d’une guerre de civilisation. Le Hamas ne veut pas seulement tuer des Israéliens. Il veut anéantir notre pays, notre mode de vie, nos valeurs, et instaurer sa haine. Cette guerre, nous ne l’avons pas choisie. Nous voulons la paix, mais nous devons nous défendre.
Pourquoi avez-vous décidé de tenir ce journal ?
Après six jours de combat, en écrivant une lettre à ma femme, je prends conscience que nous traversons un moment important. Très peu de journalistes avaient accès à Gaza, personne ne racontait ce qu’il s’y passait vraiment. Ce journal, je l’ai d’abord écrit pour moi, mais j’ai vite compris qu’il avait une valeur collective.
Ce que nous faisions sur le terrain n’était pas vu et, souvent, pas compris. J’ai voulu raconter la vérité, pour que le monde sache.
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Sur le terrain, vous découvrez que le Hamas utilise sa propre population comme bouclier humain. Qu’avez-vous vu précisément ?
Nous l’avons constaté de manière formelle à plusieurs reprises. Mais une scène m’a particulièrement frappé. Je me souviens d’une école que nous devions sécuriser. Nous avons averti les civils qu’il fallait évacuer, mais personne n’a bougé. Grâce à un drone, on a saisi que des gardes du Hamas les empêchaient de fuir. Un enfant a tenté de s’échapper : un garde n’a pas hésité à lui tirer dessus et l’a tué. Puis l’un d’eux est monté sur le toit avec un bébé dans les bras, nous visant.
Derrière lui, un homme tenait une caméra, prêt à filmer cette scène. Évidemment, nous n’avons pas tiré. Nous ne sommes pas comme eux. Ce moment résume tout : le Hamas est prêt à tuer ses propres citoyens pour une vidéo de propagande.
Et pourtant, vous affirmez dans ce livre que la grande majorité de la population gazaouie soutient le Hamas… Avez-vous des preuves concrètes de ce soutien ?
C’est difficile à admettre, mais oui, le soutien est massif, je l’ai constaté de mes propres yeux. Dans plus de 95 % des maisons, on a découvert un véritable arsenal terroriste : des armes, des explosifs, des tracts du Hamas et, parfois, des accès aux tunnels terroristes. J’ai aussi trouvé des exemplaires de Mein Kampf traduits en arabe dans des habitations, et des exercices scolaires enseignant la haine d’Israël.
J’ai vu de mes yeux des civils participer aux pillages et aux massacres du 7-Octobre
Dans un livre de maths, on demandait aux élèves de résoudre le problème suivant : « Un homme met 40 minutes pour aller tuer un juif. Combien lui faudra-t-il pour revenir ? » Le Hamas a infiltré tout le système éducatif. L’organisation ne se contente pas de percevoir des impôts, il administre et gère tout ce qui se passe dans la bande de Gaza.
Ces dernières semaines, les manifestations contre le Hamas se sont multipliées à Gaza. Y a-t-il une prise de conscience d’une partie de la population ?
Je l’espère de tout mon cœur ! Mais j’ai vu de mes yeux des civils participer aux pillages et aux massacres du 7-Octobre. Il y a eu les commandos de la première vague, mais j’ai vu que des personnes âgées, des estropiés ont suivi cette entreprise barbare en pillant et tuant. Alors comment croire à un changement de fond aujourd’hui ?
Les médias occidentaux font état du bilan fourni par le ministère de la Santé de plus de 50 000 morts à Gaza. Tsahal a-t-il pris suffisamment de précautions pour protéger les civils ?
Je ne suis pas stratège. Mais je peux vous assurer que nous avons mis nos vies en danger pour éviter les pertes civiles. Nous avons systématiquement appelé la population à évacuer, même si eux étaient prêts à nous exterminer. Bien sûr, je ne nie pas que des civils sont morts, c’est tragique.
Mais, à Gaza, il faut comprendre que les terroristes ont construit des tunnels souterrains partout ! Lorsque vous en faites exploser un, comme il traverse souvent tout un quartier, tout s’effondre au-dessus. C’est leur choix, leur stratégie cynique et cruelle.
Il semble pourtant que les bourreaux du 7-Octobre aient gagné la guerre de communication… Comment arrivez-vous à l’expliquer ?
Certains médias et politiques donnent largement la parole à ces terroristes, et les légitiment parfois. Ils parlent de « résistance » alors qu’il s’agit d’actes barbares. Je distingue deux types de personnes : celles qui nous haïssent quoi que l’on fasse, et celles qui ne voient pas la réalité en face. À ces dernières, je dis : regardez les vidéos du 7-Octobre, lisez mon journal.
« Les valeurs occidentales sont en danger »
Je pense que beaucoup ne saisissent pas la haine qui existe et que nourrit le Hamas contre les juifs et contre les valeurs occidentales. Ce n’est pas une guerre contre les Palestiniens que nous menons mais une guerre contre une idéologie meurtrière. Israël n’est pas responsable de la construction des tunnels sous les hôpitaux et les mosquées, que je sache !
Avez-vous eu accès à ces tunnels du Hamas ? Qu’y avez-vous trouvé ?
Je n’y suis pas entré moi-même, car nous n’étions pas qualifiés pour cela, mais j’ai vu les entrées. Les tunnels sont partout, sous les maisons, les écoles, les hôpitaux que l’on nous a accusés de bombarder. Les terroristes y ont caché une multitude d’armes et de munitions, de l’argent, beaucoup d’argent. Des vidéos GoPro du 7-Octobre, où on les voit fièrement massacrer des juifs, violer des femmes. Nous y avons aussi retrouvé des otages morts. Cela reste un profond échec pour nous.
Ramener les otages était votre mission principale. Tous ne sont pas rentrés. Ressentez-vous un sentiment d’échec ?
Oui. Aujourd’hui, il reste 59 otages à Gaza. Nous avons réussi à en sauver beaucoup sur les 253, mais tant qu’ils ne seront pas tous rentrés, ce sera un échec pour nous. Je préférerais vivre une vie tranquille avec ma femme plutôt que de faire la guerre. Mais nous devons continuer. Nous ferons tout pour les ramener.
Le Hamas se dit aujourd’hui prêt à négocier en échange des otages. Peut-on lui faire confiance ?
Le Hamas a déclaré vouloir refaire un 7-Octobre ! Dire qu’il est prêt à négocier, c’est une ruse pour préparer le prochain massacre. On ne peut pas négocier avec une organisation qui viole, torture, filme ses atrocités et les diffuse.
En France, on fait face à une montée inquiétante de l’antisémitisme. Lors de la promotion de votre livre, avez-vous constaté le même fléau ailleurs ?
Ce phénomène s’étend partout. Des quartiers de Londres sont déjà soumis à la charia. Les valeurs occidentales sont en danger. Et nous restons passifs. Brandir le drapeau du Hamas devrait être interdit. Si je brandissais un symbole appelant au meurtre de n’importe quel autre groupe humain, je serais arrêté. Pourquoi tolère-t-on ceux qui appellent à tuer des juifs ?
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