Dès son plus jeune âge, Alexis Vaillant le sent : il veut se lancer dans l’entrepreneuriat et créer sa propre boîte. À 27 ans, en 2008, une fois ses études terminées, le jeune homme pressé lance AlterFood. Son intuition ? Le bien-manger va se déployer dans les prochaines années, il en est certain. Il veut accompagner ce mouvement et participer à l’évolution des mentalités.
De fait, en vingt ans, la métamorphose des tendances dans les rayons de supermarchés est radicale car le consommateur est plus informé. « Il a conscience de ce qu’il mange », résume le fondateur. Mais en France, il existe alors encore peu de produits qui s’inscrivent dans cette mouvance du « bon, beau et sain », particulièrement en ce qui concerne les boissons – jus, sodas et soupes –, et l’univers du snacking, ces petites bouchées que l’on déguste au cours de la journée. Le fondateur décide de distribuer dans l’Hexagone des produits allemands – « particulièrement en pointe sur le biologique » – et anglais, adaptés à une demande croissante autour du sans-gluten et du sans-sucre ajouté.
« Aucune substance controversée, pas d’édulcorant, d’aspartame, d’additifs… »
La marque s’est, par exemple, vite positionnée en faveur de l’eau de coco ou du jus de gingembre, dont sont friands les clients des nouveaux cafés qui essaiment dans les villes. Peu à peu, AlterFood agrandit son catalogue de marques distribuées. Le fil directeur de chacune ? « Proposer des produits plus responsables sur le mieux-manger, plus traçables et transparents sur un marché dont les avancées étaient encore balbutiantes. » Concrètement : « Aucune substance controversée, pas d’édulcorant, d’aspartame, d’additifs… »
Cette envie ne vient pas de nulle part, ayant grandi en Haute-Savoie, aux côtés d’une mère qui cuisinait « tout maison », Alexis Vaillant est animé par une conviction forte : tout le monde doit pouvoir accéder à des aliments sains et bons gustativement, et bons pour la planète. À ses débuts, par exemple, c’est lui qui vend en France Aquapax, une eau en brique cartonnée. « Une petite révolution à l’époque. Maintenant tout le monde en utilise, mais, en 2009, personne n’avait commercialisé de l’eau conditionnée dans du Tetra Pak en France », se remémore Alexis Vaillant.
Le cocktail du frais et du bon
2018 marque une année pivot pour AlterFood. Après plusieurs années passées à commercialiser les marques des autres, l’entrepreneur se lance dans la création de ses propres marques, dont 85 % du produit final est fabriqué en France. Aujourd’hui, AlterFood propose vingt marques dans son catalogue, dont douze marques en propre. Soit un total de plus de 150 produits vendus dans quelque 5 500 points de vente.
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Pour certaines marques, comme Marcel Bio, tout se fait dans un périmètre de quelques kilomètres. L’usine réalise ses potages en Provence et les légumes, comme les butternuts récoltés dans les champs alentour, sont acheminés directement à l’unité de fabrication, garantissant une fraîcheur incomparable et une traçabilité rigoureuse. La recette plaît : Marcel Bio est distribué dans la France entière dans un large réseau de grands magasins de distribution mais aussi dans un millier d’hôtels et restaurants. « Nous sommes connus pour proposer des soupes gustativement très bonnes mais aussi pour être la marque qui met le plus de légumes dans ses recettes », souligne Alexis Vaillant.
Dernier produit en date : la sortie du cocktail sans alcool, de la marque Hugo le Maraîcher. « J’ai créé l’intégralité des produits qui sortent de chez nous, en travaillant dans les laboratoires de recherche et développement des usines dans lesquelles nous produisons les boissons et les barres de noix, pour arriver à l’équilibre parfait entre goût et apport nutritif », assure Alexis Vaillant. La promesse ? « Un apéro sans alcool qui a du caractère », sans édulcorant ni conservateur et vegan, à l’image du « fraîcheur de green », un mélange de pomme, concombre et menthe qui plaira cet été, le fondateur en est certain. « On a toujours été en avance sur les thématiques qui touchent à la santé. Nous sommes affectés par la taxe sucre sur les sodas notamment, ce qui nous pousse à retravailler certaines compositions de produits pour baisser les teneurs en sucre. »
Dans cette aventure entrepreneuriale, tout n’a pas été rose et Alexis Vaillant ne s’en cache pas. Le confinement a rebattu les cartes avec des points de vente fermés. Puis l’inflation a forcé l’entreprise à revoir ses propositions tarifaires pour s’aligner sur un porte-monnaie moyen des Français plus serré, baissant son prix au litre d’un euro. « Nous avons simplifié certaines recettes. Trois ou quatre fruits et légumes les composent quand nous allions jusqu’à 7 ou 8 avant », précise le patron.
Chiffre d’affaires de 10 millions d’euros
Il y a un an, le groupe Bolloré a acquis une participation indirecte de 47,5 % du capital d’AlterFood. Un nouvel élan qui permet à Alexis Vaillant de voir plus loin. Aujourd’hui, AlterFood fait un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros et vise les 25 millions d’ici à trois ans. Pas de nouvelles marques à venir, mais un maillage de distribution plus fort. Le fondateur en est sûr : entre les produits de multinationales et les marques de distributeurs de plus en plus importants, il existe un créneau, celui du sain et gourmand, produit en France, et qui séduit les consommateurs.
Ce sont les Français qu’AlterFood veut toucher et entraîner, menant au passage un combat pour éduquer les palais à une alimentation plus saine : « Le consommateur, même s’il est engagé, vit encore dans une certaine dichotomie. L’acte d’achat est encore souvent dirigé par le prix le plus bas, même si les choses bougent doucement. » Un enjeu de santé publique, qu’AlterFood mène avec conviction et gourmandise !
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