
En Arabie saoudite, Donald Trump ne s’est pas contenté de conclure un deal colossal – des promesses d’investissements et d’achats saoudiens cumulant à 600 milliards de dollars. Le président des États-Unis a également souligné sa vision des relations internationales. Au cœur de celle-ci : le rejet de l’interventionnisme mené au nom des valeurs occidentales. « En fin de compte, ceux qu’on appelait les bâtisseurs de nations ont détruit bien plus de pays qu’ils n’en ont rebâtis, et les interventionnistes se sont aventurés dans des sociétés complexes qu’ils ne comprenaient même pas eux-mêmes. Ils prétendaient vous expliquer quoi faire, sans avoir la moindre idée de ce qu’ils faisaient », a martelé le dirigeant américain, ce mardi 13 mai à Riyad, selon le média saoudien Arab News. Une probable référence à la guerre d’invasion de l’Irak lancée par les États-Unis en 2003, ou à l’intervention de l’OTAN de 2011 en Libye, ayant conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi. « La paix, la prospérité et le progrès ne naissent pas du rejet brutal de votre héritage, mais bien de l’attachement à vos traditions nationales et à ce passé que vous chérissez », a tenu à souligner Donald Trump devant ses hôtes saoudiens.
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Louant l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants dans la région, pour lesquels « bâtir un avenir où le Moyen-Orient se définit par le commerce, et non par le chaos », le locataire de la Maison-Blanche a relevé que « les merveilles étincelantes de Riyad et d’Abou Dhabi n’ont pas été créées par les soi-disant bâtisseurs de nations, les néoconservateurs ou les organisations libérales à but non lucratif ». Et de souligner l’échec des milliards de dollars dépensés par les Occidentaux pour« développer Kaboul, Bagdad et tant d’autres villes ».
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« Les merveilles étincelantes de Riyad et d’Abou Dhabi n’ont pas été créées par les soi-disant bâtisseurs de nations, les néoconservateurs ou les organisations libérales à but non lucratif »
Cette critique du droit d’ingérence n’est pas nouvelle dans la bouche de Donald Trump. Dès la primaire républicaine en amont de la présidentielle américaine de 2016, le milliardaire se présentait comme le candidat de la paix et décrivait comme une grave erreur l’intervention américaine en Irak. « Nous ne pouvons pas aller dans chaque pays dont nous ne sommes pas tout à fait satisfaits et dire “nous allons le recréer”, déclarait-il en octobre 2015 au journal britannique The Guardian. Cela n’a pas marché. […] Rien de tout cela (les projets américains de « nation building », NDLR) ne marchera jamais ». Un an plus tard, le candidat républicain enfonçait le clou : « Quinze ans de guerres au Moyen-Orient (ont laissé) une traînée destructrice derrière elles, dont de monstrueuses pertes financières (pour les États-Unis), affirmait-il. Et pour quel résultat ? Ce n’est pas comme si on avait gagné. C’est le bordel ».
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Ce discours n’a toutefois pas empêché Donald Trump, une fois au pouvoir, de mener des frappes contre une base en Syrie (2017) ou d’ordonner une attaque de drone tuant le général iranien Qassem Soleimani en Irak (2020).Depuis sa réélection en 2024, le républicain n’a pas hésité à brandir la menace de bombardements contre l’Iran, dans le contexte de tensions autour du dossier nucléaire. Autant d’exemples interrogeant le caractère opportuniste des positions anti-interventionnistes du chef d’État.
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