
Les relations franco-algériennes ne risquent pas de se réchauffer avec cette annonce… À partir de la rentrée universitaire de septembre 2025, les filières médicales, dont les enseignements étaient jusque-là en français, seront désormais dispensées en anglais. Soixante ans après la fin de la colonisation, Abdelmadjid Tebboune poursuit l’offensive contre la langue de Molière entamée dès l’indépendance par le président Ahmed Ben Bella – puis poursuivie par son successeur, le colonel Houari Boumediene. Ainsi, ces cinq dernières années, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a produit plusieurs circulaires dans ce sens.
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Depuis la rentrée universitaire 2022-2023, les professeurs sont obligés de se mettre à l’anglais. « Après 37 ans d’enseignement en français, on m’oblige à dispenser des cours en anglais. Je préfère prendre ma retraite », confiait à l’époque un professeur de physique à Marianne.
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Dans la foulée, à l’été 2023, le gouvernement algérien a élargi cette politique linguistique à l’enseignement primaire : l’anglais a été introduit dès la troisième année, en même temps que le français, jusque-là seule langue étrangère enseignée à ce niveau. Les deux langues se partagent désormais le volume horaire hebdomadaire, qui diffère d’un niveau à un autre, rappellent nos confrères. Des professeurs d’anglais ont été recrutés et formés dans l’urgence.
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L’effacement du français dépasse les frontières de l’école. Dans l’espace public, de nombreux bâtiments officiels — civils comme militaires — arborent désormais des enseignes en arabe, en berbère… et en anglais. Le français, jusque-là omniprésent aux côtés des deux langues nationales, disparaît peu à peu.
La compagnie Air Algérie a retiré le français de ses billets d’avion. La Société de distribution des eaux d’Alger, créée avec le concours de l’entreprise française Suez, l’a rayé de ses factures. Une décision jugée « irrespectueuse pour les clients qui ne comprennent que le français », a dénoncé sur les réseaux sociaux le syndicaliste Nouredine Bouderba.
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Même la musique francophone – pourtant très écoutée en Algérie – est ciblée : depuis les dernières tensions diplomatiques entre les deux pays, les chansons françaises sont quasiment absentes des radios publiques… dont l’une des principales continue, ironie du sort, d’émettre en français.
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