
Depuis le début de l’année, nous sommes confrontés à un contexte politique et économique inédit. L’instabilité politique, en France et chez certains de ses partenaires européens, les inconnues qui demeurent sur le plan fiscal et sociétal, le renforcement du protectionnisme ainsi que la baisse du pouvoir d’achat pèsent sur la confiance des chefs d’entreprises industrielles.
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Un climat d’incertitude s’est installé, malgré le vote du budget. Il menace l’investissement et le recrutement, et freine la dynamique de réindustrialisation pourtant bien engagée. Son baromètre, publié le 13 mars 2025 par Bercy, le montre : la vague de défaillances d’entreprises, tous secteurs confondus, a bondi de près de 13 % sur un an. Fer de lance de la réindustrialisation de notre pays, l’Île-de-France n’est pas épargnée par cette tendance.
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Notre responsabilité collective est de tout faire pour que cette inflexion soit seulement de courte durée et redonner de la visibilité ; l’avenir de notre tissu industriel en dépend. Sans un sursaut immédiat, nous risquons une spirale négative pour l’industrie, qui pourrait avoir de graves conséquences. En effet, une entreprise industrielle qui cesse son activité ne redémarre pas aussi facilement qu’une entreprise de services : la production s’arrête, les machines sont dispersées, les compétences perdues. Cela rend toute tentative de relance longue et coûteuse, et fragilise durablement tout le secteur. Parce que ces compétences ne sont pas facilement reconvertibles dans d’autres activités et que cela peut avoir des conséquences sociales, c’est l’ensemble de l’économie et la croissance de notre pays qui en pâtit.
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Un pilier de stabilité sociale et de souveraineté à défendre
L’industrie n’est pas seulement catalyseur de croissance économique : elle est le socle de notre modèle social, un levier de souveraineté et un pilier de l’innovation. Lorsqu’un site industriel s’installe en Seine-et-Marne, c’est tout un écosystème qui en bénéficie : commerçants, riverains, actifs en recherche de travail, entreprises d’autres secteurs, etc. De la même manière, lorsqu’un fabricant de semi-conducteurs se développe dans le Val-d’Oise, c’est toute une filière de composants électroniques qui s’anime pour exporter à travers l’Europe, voire au-delà.
Le déclin n’est pas une fatalité, à condition que nous nous donnions les moyens de réagir maintenant
Loin des clichés du passé, notre industrie sait aussi se réinventer pour relever les grands défis de notre époque : produire sans détruire, prospérer sur une planète aux ressources limitées, et redonner du sens au travail. Elle requiert désormais des compétences aussi importantes en IA et en cybersécurité qu’en chaudronnerie ou en usinage. La région Île-de-France, avec son réservoir exceptionnel d’entreprises industrielles de pointe, de compétences et d’innovation, constitue un creuset pour les industries de demain.
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De l’urgence d’un sursaut collectif pour notre industrie
La France ne renouera pas durablement avec la prospérité industrielle sans davantage de stabilité et un soutien clair à son industrie lorsque la conjoncture lui est moins favorable. Comme face à la pandémie, la situation géopolitique nous rappelle une fois encore la nécessité d’avoir une industrie solide et agile. Mais la réindustrialisation ne peut pas continuer à être la variable d’ajustement face à l’urgence : l’effort et la volonté doivent être portés sur le temps long. Relancer durablement l’industrie, c’est le sens de l’histoire ! Tous les responsables politiques, quels que soient leurs intérêts ou priorités en la matière, doivent en prendre conscience.
Parce que les entreprises industrielles s’inscrivent dans le temps long, elles ne peuvent pas être tributaires d’un mandat électoral. Ou d’un programme électoral. En effet, plus que des déclarations d’amour, notre industrie a besoin de preuves d’amour. Concrètement, cela passe par la mobilisation par l’État de leviers de soutien concrets, à commencer par une réelle simplification, même si tant d’intervenants divers font des complexités leur fonds de commerce.
Ensuite, le principe du Crédit d’impôt recherche et du Crédit d’impôt innovation doit être maintenu : ce sont désormais les seuls différenciants positifs pour nos industriels par rapport à leurs concurrents étrangers. Enfin, on peut aussi souhaiter une plus grande flexibilité dans le rééchelonnement des PGE pour permettre un rebond des entreprises dont les fondamentaux sont satisfaisants mais dont la capacité d’investissement est fortement obérée.
L’enjeu est de taille. L’industrie reste incontournable. Elle est au cœur de la décarbonation. Sans elle, aucune base industrielle et technologique de défense (BITD) n’est possible, aucune souveraineté n’est envisageable, aucune liberté n’est concevable. Le déclin n’est pas une fatalité, à condition que nous nous donnions les moyens de réagir maintenant, avec force et détermination.
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