
Les stratèges élyséens nous avaient prévenus avant « l’émission jamais vue » autour du président sur TF1, mardi soir : « On allait voir ce qu’on allait voir »… On voit : Emmanuel Macron perd trois points en un mois dans le baromètre mensuel Ifop/JDD, dans la foulée de la grand-messe médiatique. Alors que sa courbe de popularité prenait la forme d’un versant abrupt vers le haut depuis janvier pour atteindre 28 % de satisfaits le mois dernier (+7 points en quatre mois), elle repart violemment vers le bas.
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« L’émission a eu un effet catalyseur de toutes les critiques qui étaient en sommeil jusqu’ici », constate Frédéric Dabi, le patron de l’Ifop. Si Emmanuel Macron fait le job sur l’international, volet sur lequel il recueille quelques satisfecit – « Il fait entendre la voix de la France », « Il défend bien nos intérêts face à Trump et Poutine », « Il est très investi » –, il est jugé coupable de l’endettement du pays et impuissant face au narcotrafic, sujet qui revient massivement dans les commentaires des sondés. « Comme dirait Chirac, la maison brûle… et Macron regarde ailleurs », cingle un Français qui reflète ainsi le sentiment dominant de ceux qui ont regardé l’émission.

Sa prestation déçoit jusque dans son camp ; il perd 9 points auprès de ceux qui ont voté pour lui au premier tour de la présidentielle de 2022. Le mécontentement des retraités, qui l’avaient choisi en 2017, atteint un taux de 71 % (+5). Dans un contexte où le président ne dispose plus de majorité à l’Assemblée, sa parole renvoie à son impuissance. Il tient « le ministère de la parole », dit l’un, « il fait de l’esbrouffe », « de la com », mais « rien n’avance », commentent les autres. Certains lui prêtent même une forme de désinvolture, de désengagement, pour préparer la suite : « Il veut se représenter en 2032 ! » prédit un sondé.
Sans que leurs sorts soient liés, les Français semblent décorréler dans leur perception les deux têtes de l’exécutif. François Bayrou lui aussi encaisse une baisse de 3 points pour s’approcher du record d’impopularité d’Édith Cresson (19 % de satisfaits) et d’Alain Juppé (20 %). Avec un taux d’opinions positives de 22 %, le Premier ministre continue de glisser sur une pente raide (-12 points en six mois).

Mais le plus préoccupant pour François Bayrou, c’est l’ampleur prise par le sujet Bétharram, qui relègue au second plan les critiques sur son action politique. Le sparadrap dont il n’arrivait pas à se défaire finit par cannibaliser son image. Certains lui reprochent « ses mensonges », « sa mauvaise foi », d’autres y voient un comportement qui renvoie à un système « de gens puissants qui se protègent entre eux ». Un opprobre qui lui vaut des appels à la démission, là où aucun des contempteurs d’Emmanuel Macron ne l’enjoignent à quitter le pouvoir.
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