Le duel n’a pas eu lieu. Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez n’ont pas débattu l’un face à l’autre dans la course à la présidence LR. Tandis que le nom du vainqueur sera connu d’ici à ce soir, imaginons le temps d’une chronique à quoi pourrait ressembler un duel télévisé entre les deux compétiteurs de la droite. D’un côté de la table, un poids lourd du gouvernement devenu en quelques mois une étoile incontournable dans la galaxie des personnalités préférés des Français. Plus il monte dans l’estime populaire, plus Bruno Retailleau devient l’homme à battre et abattre. De l’autre côté, Laurent Wauquiez croit en sa bonne étoile. Le prédestiné au CV de premier de la classe ne peut imaginer perdre cette élection dont il connaît les moindres contours. Pour remporter son duel télévisé face au ministre de l’Intérieur, le président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée a enduit ses flèches de curare. Le poison qu’il utilise porte un nom bien précis : le macronisme devenu hautement toxique pour qui l’ingurgite.
En coulisses, on retient son souffle
« Bruno, tu ne peux pas te maintenir au gouvernement sans te diluer dans le macronisme. Celui qui doit diriger notre famille politique ne peut pas en même temps être assis à côté d’Emmanuel Macron tous les mercredis au Conseil des ministres ! »
Le ton est donné. L’homme fort de Beauvau encaisse. Il n’en revient toujours pas d’être attaqué de cette manière par celui qui avait pourtant entériné l’entrée des LR au gouvernement il y a encore six mois.
« Je préfère penser aux Français plutôt que de me livrer à un combat de boxe mortifère. Mon seul et unique objectif consiste à faire gagner la droite pour redresser la France », esquive-t-il afin d’éviter que le débat tourne au pugilat.
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La droite a échappé à une énième guerre des chefs
En coulisses, les entourages retiennent leur souffle. Charlotte, la discrète épouse de Laurent Wauquiez, n’a aucun doute sur les chances de son champion. Toujours présente à ses côtés, elle a clairement épousé le destin de son mari qui rêve d’épouser celui de la France. Embrasé par un feu intérieur, ce dernier n’a jamais fait mystère de son ambition élyséenne, contrairement à Bruno Retailleau.
« Colline après colline. Pour le moment, je suis candidat à la présidence des Républicains, martèle le premier flic de France.
– Le risque en choisissant Bruno Retailleau c’est de finir avec Édouard Philippe alors que moi je suis pour une droite allant de Gérald Darmanin à Sarah Knafo », lance Wauquiez en direction des caméras.
Ciotti fulmine
Derrière son poste de télévision, Éric Ciotti fulmine en pensant que lui au moins n’a pas fait que parler d’union mais l’a bel et bien actée avec Marine Le Pen. Jamais avare d’un bon mot, le Niçois envoie un SMS à Jordan Bardella pour moquer le duel de ses anciens amis. On dirait un thé dansant à bord du Titanic. Le patron du RN lui répond par un smiley hilare en lui demandant son pronostic. Ciotti connaît par cœur ce type de campagne. Il sait plus que tout autre que les propositions un peu baroques mais très stéroïdées comme celle d’envoyer les individus sous OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon peuvent faire mouche. C’est en pariant sur cette recette radicale qu’il avait réussi à l’emporter en 2022 face à Bruno Retailleau, alors patron des sénateurs LR. Aujourd’hui, le décor est totalement différent. L’homme fort de Beauvau n’a pas oublié l’adage de Nicolas Sarkozy. Seuls les ministres et les chefs de parti sont identifiés par l’opinion publique. Retailleau est en passe de devenir une marque politique synonyme de verticalité et d’autorité. Laurent Wauquiez le sait. C’est la raison pour laquelle il cherche à tout prix à le macroniser et à le philippiser.
Qui aura le dernier mot dans cette course à la présidence ? On le saura dans quelques heures. Le duel entre les deux hommes n’a finalement pas eu lieu. Et c’est tant mieux. La droite a échappé à une énième guerre des chefs. Les fantômes du passé sont restés au placard. On ne pourra pas dire de cette droite qu’elle est la plus bête du monde. Les deux compétiteurs ont eu l’intelligence de s’opposer sans s’entretuer. Cette chronique n’est donc que pure invention. Mais toute ressemblance avec des personnages existants n’est pas du tout fortuite.
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