Abonné
Culture
20/05/2025 à 05:45

Mercredi, le Festival de Cannes était à l’heure hollywoodienne. Tom Cruise n’a pas ménagé ses efforts pour contenter les hordes de fans qui se massaient devant les lieux emblématiques où il était attendu, du Carlton devant lequel a été installée une publicité géante pour la sortie de Mission : Impossible – The Final Reckoning, présenté ici hors compétition, au Palais des festivals où il a créé l’émeute. Contre toute attente, il s’est incrusté à la masterclass de son ami et désormais binôme Christopher McQuarrie, le réalisateur, scénariste et producteur américain aux manettes de la franchise depuis 2015, qui a signé à ce jour quatre longs métrages. Le duo fait encore des étincelles dans le huitième épisode, où l’agent Ethan Hunt défie les lois de la pesanteur en exécutant ses cascades périlleuses, en plongeant à 150 mètres de profondeur sous la banquise ou en s’agrippant à l’aile d’un avion en plein vol, affrontant des vents de plus de 190 km/h et à 3 000 mètres d’altitude. Il faut le voir pour le croire.
Publicité
La suite après cette publicité
« Il prend tous les risques, salue avec admiration Christopher McQuarrie, surnommé McQ par son partenaire. Personne d’autre que lui ne pouvait être dans l’appareil, donc il s’est cadré et filmé tout seul. Il était à la fois l’acteur et le technicien. » Le cinéaste le suivait en hélicoptère en ayant veillé à bien boucler sa ceinture, et ils se parlaient en langue des signes. « À cette altitude, vous respirez, mais l’oxygène ne rentre pas dans vos poumons. Au bout de douze minutes, le corps est éprouvé comme s’il venait de passer deux heures à la salle de sport. Régulièrement, je m’assurais qu’il ne s’était pas évanoui. On avait un signal en cas de problème : il devait mettre une main sur sa tête. » Au final, Tom Cruise est resté vingt minutes dans les airs, avant de poser lui-même l’avion qui était presque à court de carburant.
Relever les défis
Assise à ses côtés sur la scène de la salle Debussy archibondée, la star de 62 ans s’est montrée à l’aise et généreux à l’égard du public en racontant son engagement absolu au service de la saga, ainsi que sa préparation physique intense. Uniquement motivé par la passion. « Je suis de nature curieuse, j’aime me diriger vers l’inconnu, a-t-il souligné. Que ce soit pour un film ou de manière générale dans la vie, je prends toujours mes décisions en allant de l’avant. C’est toujours mieux d’essayer que de regretter. Je ne demande pas la permission, j’agis. Et tant pis si je me trompe, je grandis de mes erreurs et la perfection n’existe pas. Alors je recommence et je repousse mes limites. » La peur était un luxe qu’il ne pouvait pas se permettre, a-t-il avoué en souriant. Il adore être sur le plateau en permanence, au point de faire ses propres inserts, souvent la besogne ingrate de la doublure. « Chaque fois que vous voyez ma main ou mon pied, ce sont vraiment les miens. Ça va beaucoup plus vite ainsi ! J’anticipe au maximum et je répète beaucoup. Ainsi, je suis plus efficace le jour J. »
Endurance, précision, discipline étaient les maîtres-mots pour relever les multiples défis. « Après, il m’a fallu des décennies pour perfectionner par exemple mes aptitudes de pilotage ou de saut en parachute. Je me donne les moyens de mes ambitions. » Avec son complice McQuarrie, ils ont travaillé onze fois ensemble, leur rencontre ayant eu lieu sur Walkyrie (2008), de Bryan Singer. « J’étais le scénariste de Usual Suspects (1995), cela a piqué la curiosité de Tom, a admis le cinéaste. J’ai été frappé par la façon qu’il avait de responsabiliser son entourage. Il n’est en compétition qu’avec lui-même, constamment tourné vers les autres. »
On a pu s’en rendre compte sur le tapis rouge le soir même pour la montée des marches officielle de toute l’équipe, rythmée par un orchestre qui jouait la musique culte du générique composée par Lalo Schifrin. Alors que le protocole l’interdit, Tom Cruise et Christopher McQuarrie ont pris une kyrielle de selfies pour immortaliser le moment, après avoir signé des autographes. Présentes, Halle Berry, membre du jury, Zoe Saldana ou encore Eva Longoria n’auraient raté ça pour rien au monde. À la fin de la projection, une standing ovation de cinq minutes a ému Tom Cruise, qui a déclaré au micro : « Depuis trente ans que dure l’aventure de Mission : Impossible, c’est un honneur pour moi de vous divertir. »
Mission : Impossible – The Final Reckoning ★★★★
L’Entité, devenue autonome, prend le contrôle de tous les arsenaux militaires. L’agent Ethan Hunt doit s’emparer de son code source pour la mettre hors d’état de nuire. Autant le dire d’emblée : ce huitième épisode est sensationnel ! Il tend un miroir à notre société pour dénoncer les dangers qui la guettent, en l’occurrence l’hypothèse terrifiante d’une apocalypse nucléaire faisant suite à la quête de pouvoir d’une intelligence artificielle infectant tout le cyberespace, qui rappelle forcément les œuvres de Skynet dans Terminator 2 (1991) de James Cameron. Sous l’eau ou dans les airs, Tom Cruise se surpasse une fois de plus, imposant ce même niveau d’excellence et d’exigence rarement atteint au cinéma. L’effet spécial, c’est lui ! Il gratifie son public d’un show vertigineux, généreux, trépidant et jubilatoire. Qui laisse le souffle coupé.
De Christopher McQuarrie, avec Tom Cruise, Simon Pegg, Hayley Atwell, Ving Rhames. 2h51. Hors compétition. Sortie le 21 mai.
Source : Lire Plus





