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Economie
20/05/2025 à 07:37

François Lipovetsky travaillait comme vendeur dans une maroquinerie de Saint-Germain-des-Prés jusqu’à ce que son employeur fasse faillite, en 1999. Il décide alors de se lancer dans la confection de bagages avec son épouse Françoise, et répond à un appel d’offre de la compagnie Air France qui veut lancer une ligne de bagages française, indépendante des grandes maisons. Le couple Lipovetsky séduit la compagnie grâce à son concept de valise souple, en nylon, à large poignée matelassée et aux couleurs vives. Lipault by Air France est créé et connaît dès son lancement un large succès, au point que les deux inventeurs finissent en 2005 par racheter la licence à la compagnie aérienne, pour devenir Lipault.
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Pendant dix ans, les Lipovetsky préservent l’indépendance d’une petite maison familiale qui fait fabriquer ses bagages souples en Asie, seul continent à maîtriser un savoir-faire qu’aujourd’hui encore, il est difficile de trouver au Maghreb ou en Europe. La gamme Lipault : bagage cabine, moyen séjour, long séjour et très long séjour – pensé comme une sorte de dressing en trois dimensions, sur le modèle d’une malle souple – séduisent une clientèle urbaine, jeune – 25-40 ans –, qui aime voyager confort et fun. Le succès impose de changer d’échelle, la petite entreprise a besoin d’un partenaire puissant pour poursuivre son développement. En 2014, le géant Samsonite rachète Lipault, mais en l’assurant de sa totale indépendance en matière de création et de design. La clef de l’agilité et de l’inventivité d’une maison qui vient de lancer une nouvelle collection – « Lost in Berlin » – qui décline l’ensemble de ses bagages en toile enduite qui rend un effet gomme, aux couleurs mates, dans les tons pastel, imperméable et anti-rayure.
Une ligne inspirée de la culture « arty avant-gardiste » de la capitale allemande pour séduire une clientèle de plus en plus large, mais toujours urbaine et globe-trotteuse. Lancée l’année dernière, « Lost in Berlin » explose sur une croissance à trois chiffres. Outre les matières légères et la palette de couleurs qui font la signature de ses bagages, Lipault s’impose par les fonctionnalités multiples et l’ergonomie de ses produits, souples et hyperrésistants, complétés par des packs souples pour compartimenter les chemises, sous-vêtements, jusqu’au « liquid pack », sorte de petite vanity case transparente pour passer les contrôles de sécurité en toute facilité et accessible dans une poche haute située au sommet de la valise. Sens du détail, matériaux recyclés et contrôle qualité hyperexigeant, Lipault bénéficie dans son processus de fabrication des fonctions supports du groupe Samsonite, qui garantissent les critères de qualité.
Plus récemment, la marque a développé une collection de sac à dos aux lignes douces et épurées, le Rolltop (119 euros), le Lifetrotter (125 euros), plus large et compartimenté avec un espace laptop. Des prix qui positionnent Lipault sur du moyenne gamme – de 169 euros pour le Mini Cabine jusqu’à 309 euros pour le très long séjour. Portée par une croissance constante depuis sa création, la marque évalue sa progression « à +234 % sur les trois prochaines années pour atteindre les 70 millions de chiffre d’affaires à l’horizon 2030 », glisse le directeur général Sébastien Vallette, qui annonce fièrement l’ouverture d’un quatrième magasin parisien boulevard Saint-Germain, non loin de l’Odéon.
Une ambition : envahir les aéroports du monde entier pour toutes les catégories de voyageurs
Fortement implantée en France, Lipault vient d’ouvrir une enseigne à Londres et prévoit l’ouverture de quatre boutiques d’ici 2026 à New York, Mexico, Dubaï et Madrid, des vitrines en propre qui compléteront son réseau de 500 points de vente répartis dans quarante pays à travers le monde. Avec une ambition : envahir les aéroports du monde entier pour toutes les catégories de voyageurs, business, familles ou aventuriers, grâce à un objet devenu la dernière pièce – mobile – de leur cadre de vie quotidien.
La plage paradisiaque reste la destination idéale pour 28 % des Français interrogés s’ils « étaient payés pour partir en vacances ». 7 % d’aventuriers s’offriraient une expédition en Antarctique et 3 % partiraient « chez mamie, parce que sa cuisine vaut tous les hôtels 5 étoiles », relève avec humour l’étude Ipsos pour l’Alliance France tourisme (AFT). Plus sérieusement, un Français sur deux a donc l’intention de s’octroyer une semaine de vacances cet été, pour un budget moyen dédié de 1 820 euros. Fortement marqués par l’inflation, les Français, pour 39 % d’entre eux, prévoient de réduire leur budget, en rognant sur les restaurants, le shopping ou les activités. Ils partiront en voiture majoritairement (61 %) et plébiscitent les locations type Airbnb (39 %) ou, pour les longs séjours, le camping (17 %). Tendance marquée depuis la crise du Covid, 24 % des vacanciers ne lâcheront pas complètement le bureau et pratiqueront le « workation » – le fait de travailler depuis son lieu de vacances. Enfin 23 % des Français savent qu’ils ne partiront pas, tendance forte chez les ruraux (31 %), les seniors (27 %) et bien sûr les revenus modestes (32 %).
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