
On est surprise d’apprendre que sa première venue au Festival de Cannes remonte seulement à l’année dernière. On imaginait la fille de Luc Besson accompagnant son père sur la Croisette à l’occasion des présentations de ses films. Mais Thalia n’a que 24 ans et elle annonce rapidement, mais gentiment, la couleur : elle ne veut pas être sans cesse ramenée à sa célèbre filiation. Si elle a déjà un nom, elle tient à se faire à la seule force de son talent un prénom. C’est donc en tant qu’égérie de la marque Dessange qu’elle a été invitée une nouvelle fois sur la Croisette. « L’équipe est franchement adorable et nous partageons la même passion pour la création », explique la séduisante brunette qui nous reçoit dans sa chambre de l’hôtel Martinez, simplement vêtue d’un peignoir griffé à son nom. « J’ai été très touchée quand ils m’ont offert un tee-shirt imprimé avec des M&M’S : ils avaient fait assez de recherches sur moi pour découvrir que j’en suis folle ! J’ai été touchée par cette attention. »
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L’an dernier sur le tapis rouge du Palais des festivals et au cours de quelques soirées ultra chics, Thalia Besson s’était contentée d’en prendre plein les yeux. Impressionnée de croiser Meryl Streep et Camille Cottin, dont elle admire la carrière, le sens de l’humour et le côté naturel. À qui elle n’a pas osé parler. « Je préfère regarder, me tenir à distance pour me faire ma propre idée. » C’est ce qu’elle a toujours fait sur les plateaux de tournage de son père, où elle traînait dès toute petite. Là où est née son envie de devenir actrice. « Je me mettais dans un petit coin et j’observais tout ce qui se passait : le jeu des acteurs, la façon dont mon père les dirigeait, mais aussi le travail des équipes techniques », se souvient la timide et piquante jeune femme que l’on a aperçue toute jeune dans Valérian et la Cité des mille planètes (2017) de Luc Besson et Arthur, malédiction (2022) de Barthélemy Grossmann. « J’étais fascinée par les efforts de ces gens si différents, au service d’un même projet. J’ai tout de suite su que c’était ça que je voulais faire plus tard. »
Après avoir suivi les cours d’une école de mode à Paris, Thalia Besson se met à courir les castings, refusant d’activer les pistons familiaux. Celle qui parle anglais couramment (elle a vécu à Los Angeles de ses 13 à 18 ans avec son père et sa mère, la productrice Virginie Besson-Silla) décroche un petit rôle dans Dangerous Waters (2023), de John Barr. « Il y avait Ray Liotta, qui est décédé durant le tournage en République dominicaine. Je n’oublierai jamais. » Mais c’est cette année que tout semble s’accélérer pour la comédienne, grâce à son rôle dans la quatrième saison de la série à succès Emily in Paris (actuellement sur Netflix). Elle y interprète Geneviève, la belle-fille de Sylvie Grateau (Philippine Leroy-Beaulieu), tout juste arrivée de New York pour bâtir sa carrière à Paris et qui pourrait bien jouer les trouble-fêtes entre Gabriel (Lucas Bravo) et Emily (Lily Collins). « J’ai passé des essais, filmé les scènes qu’on m’avait demandé de jouer. J’ai été retenue et le courant est passé immédiatement avec Darren Star, le showrunner. » Elle prend beaucoup de plaisir à incarner une ambitieuse pas vraiment gentille qui tente de trouver sa place. « C’est intéressant de jouer une méchante : parce que la psychologie de ce genre de personnages est plus complexe et que c’est amusant d’incarner quelqu’un qui ne vous ressemble pas. »
« C’est intéressant de jouer une méchante ; la psychologie de ce genre de personnages est plus complexe »
Si Thalia Besson n’a pas le droit de nous dire ce qui arrivera à Geneviève dans la saison suivante, elle est actuellement en train de boucler son premier court métrage, Fae. Qu’elle joue et met en scène, et dont elle signe le scénario. « J’écris depuis toujours. Et réaliser permet de gérer mon projet de A à Z. J’ai un besoin fou de créer. » Bon sang ne saurait mentir… Elle travaille aussi sur un projet de série conçue avec son meilleur ami Luke Stanton Eddy (The Alto Knights, June and John). Une comédie se déroulant sur un plateau de tournage où rien ne se passe comme prévu et qu’elle espère vendre à une plateforme. « Je sais de quoi je parle ! J’ai grandi là et c’est l’endroit où je me sens le plus à l’aise au monde. » Elle reconnaît que ses parents ont essayé de la dissuader de se lancer dans un métier qu’ils connaissent trop bien, mais sa passion les a convaincus. « Ils m’ont conseillé de rester fidèle à ce que je suis. » Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd…
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