Dès le début de l’entretien, la comédienne de 45 ans, connue pour son rôle de Tina Goldstein dans Les Animaux fantastiques, joue la carte de la discrétion et préfère couper sa caméra. Un brin timide, peut-être ? Son enthousiasme reste intact : le remake américain de l’une des meilleures séries françaises lui tient particulièrement à cœur car elle y joue un personnage qui partage les motivations qui l’ont poussée à devenir actrice : une « soif d’explorer des mondes cachés » qu’elle savoure ici plus que jamais.
Katherine Waterston. C’est presque honteux de l’admettre, mais je pense être l’une des seules à ne pas l’avoir vue (rires) ! Tous mes amis l’ont regardée, mais moi, après les deux premiers épisodes, je n’ai pas poursuivi. Florence Loiret Caille, qui interprète Marie-Jeanne, est tellement exceptionnelle que je ne voulais pas que son interprétation influence la mienne. Je savais que j’allais reprendre son rôle, et avoir sa performance en tête aurait pu me bloquer.
Comment avez-vous appréhendé ce personnage si particulier ?
Ce que je cherche toujours dans un rôle, c’est une certaine tension interne, une complexité humaine. Naomi affiche une belle confiance en elle, certes, mais elle cache une grande insécurité qui la fragilise et la fait réagir de façon totalement inattendue. Une vraie dualité qui m’a surprise. Mais c’est ça que j’aime et qui me stimule quand je tourne.
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Cette version diffère-t-elle beaucoup de l’originale ?
Structurellement, la première saison est assez proche du Bureau des légendes. Mais les enjeux géopolitiques changent, tout comme la culture : on parle ici de la CIA, avec son propre style, une certaine assurance américaine qu’on ne retrouve pas dans la DGSE française. Par essence, le ton est forcément très différent.
Devant la caméra, vous retrouvez Michael Fassbender, qui tient le premier rôle…
C’est la troisième fois que l’on travaille ensemble, après Steve Jobs de Danny Boyle en 2015 et Alien : Covenant de Ridley Scott en 2017. Sa présence était déterminante pour moi. Entre nous, il y a une confiance mutuelle, une complicité qui nous permet d’entrer rapidement dans le vif du sujet. Et j’aime la dynamique, avec un peu d’antagonisme, qui existe entre nos personnages.
« Former une troupe, comme au théâtre, crée une alchimie »
Avant de recevoir le scénario de The Agency, que vous inspirait l’univers du renseignement ?
Ça m’a toujours fascinée. J’ai lu The Sisterhood de Liza Mundy qui traite des femmes dans la CIA. Ce livre m’a bouleversée, notamment l’histoire de Gina Bennett, pionnière dans l’analyse sur Ben Laden, mais qui n’a malheureusement pas été prise au sérieux à l’époque. Ce type d’expérience a énormément nourri mon interprétation de Naomi.
George Clooney, producteur de la série, s’est-il personnellement investi ?
Même s’il suivait tout à distance, il était très impliqué. Je ne l’ai pas vu sur le plateau, mais son binôme de production, Grant Heslov, était là. Il a même réalisé deux épisodes de la première saison et quatre de la seconde. Mon tout premier film était Michael Clayton de Tony Gilroy en 2007 et donc mon premier souvenir de tournage, c’est George Clooney qui y tenait le rôle principal ! Je n’oublierai jamais à quel point il a été généreux et bienveillant avec nous, les jeunes débutants. Il nous traitait comme des égaux. C’est une personne formidable !
Jusqu’ici, votre carrière s’est déroulée essentiellement au grand écran…
C’est vrai, au départ, je privilégiais le cinéma ou les rôles courts à la télévision : j’aime le défi de raconter une histoire en deux heures. Mais The Agency m’a offert bien plus que je ne l’imaginais : former une troupe, comme au théâtre, crée une vraie alchimie. Et puis, on travaille ici avec une exigence de cinéma : les auteurs, la qualité du jeu, la production… Tout est d’un niveau remarquable. J’espère continuer encore longtemps !
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