Littérature : Giacometti et sa dernière muse, une passion dévorante
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Bernard Morlino
21/05/2025 à 16:07

Le jour où Franck Maubert tomba sur L’Homme qui marche l’a marqué à vie. Il avait 17 ans et était très sérieux pour un jeune homme dans la France de Pompidou. La sculpture de l’arpenteur est à Alberto Giacometti (1901-1966) ce que Le Penseur est à Rodin, tant il contient tout son art qui conjugue simplicité avec force d’âme.
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Le fils de peintre avait la capacité de restituer son frère cadet Diego sur une toile sans plus tenir compte des liens de parenté : en face de lui, il n’avait qu’un être humain qu’il devait immortaliser. Le romancier-biographe ressuscite le charme irrésistible du plus italien des Suisses. Sa voix rauque à force de fumer était aussi impressionnante que son visage buriné qui évoque à la fois la peau d’un rhinocéros et Anthony Quinn.
La somme des échecs
Le travail de Giacometti consistait à synthétiser avec de la glaise l’intériorité de ses modèles : « Il pose le problème de ce que l’on voit par rapport à ce que l’on sait. » Ses tableaux contiennent la somme de ses échecs, soit l’accumulation de ses remords jusqu’à la touche finale. Il ne faut qu’une seconde pour reconnaître le style de Giacometti qui semble être le grand frère de Francis Bacon. Mieux que l’étude d’un exégète, la page 9 du livre dit tout sur le but suprême du maestro : « Saisir ce que nul vivant ne peut voir. »
Dans les rues de paris, on la suit comme Breton suivait Nadja
Les deux textes réunis dans l’ouvrage soulignent que l’on a toujours envie de dire « Alberto », tant sa sympathie nous parvient, alors qu’on évoque Picasso et Matisse par leur patronyme. Giacometti est un créateur dont on ressent l’humanité dans tout ce qu’il a créé. Il faisait tellement corps avec la matière qu’il avait en permanence de la terre sous les ongles. À Montparnasse, le paysan de l’art pictural travaillait sur un sol sans carrelage ni parquet, pour mieux être dans l’inconfort.
Frank Maubert raconte sa rencontre avec la dernière femme qui posa pour Giacometti. C’est comme si « Caroline », 20 ans en 1958, sortait de la toile pour nous décrire son aventure avec le mari de la« sage » Annette, grand consommateur de prostituées au point de parfois être racketté par des souteneurs. Dans les rues de Paris, on la suit comme Breton suivait Nadja. Giacometti jouait sur plusieurs tableaux !
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