L’essentiel
- En octobre 1989, Marlaine Marquis disparaissait dans l’Orne sans que personne ne s’y intéresse vraiment.
- Trente-trois ans plus tard, son mari est passé aux aveux mais un non-lieu a été prononcé en 2025 dans cette affaire en raison de la prescription des faits.
- Mardi, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Caen a infirmé cette décision, ouvrant ainsi l’éventualité d’un procès.
Pascal Delaunay sera-t-il jugé pour le meurtre de sa femme ? Rien n’est encore certain mais l’éventualité d’un procès existe aujourd’hui bel et bien. Pour tout comprendre à cette affaire, il faut remonter dans le temps. En octobre 1989, Marlaine Marquis, 23 ans, disparaissait dans l’Orne sans que personne ne s’y intéresse vraiment. Selon son conjoint, elle aurait abandonné le domicile familial et ses deux enfants du jour au lendemain et serait partie refaire sa vie dans le sud de la France ou en Espagne.
Une version qui va tenir pendant trente-deux ans. En 2021, les deux enfants du couple devenus adultes commencent à douter de cette fuite volontaire de leur mère et décident d’écrire au procureur pour signaler sa disparition. Une information judiciaire est ouverte en avril 2022 et le mari Pascal Delaunay placé en garde à vue un mois plus tard. Après avoir gardé le silence pendant plus de trois décennies, le bûcheron à la retraite passe alors aux aveux.
Un non-lieu prononcé en février 2025
Il raconte aux enquêteurs avoir étranglé sa femme avec le fil du téléphone lors d’une dispute à propos de la relation extraconjugale de cette dernière et avoir déposé son corps dans une cavité naturelle à quelques centaines de mètres de leur maison. Malgré plusieurs fouilles, le corps de Marlaine Marquis ne sera jamais retrouvé.
L’enquête tourne également court car en février 2025, un juge d’instruction prononce un non-lieu dans cette affaire, suivant en cela l’avis du procureur de la République de Caen qui avait estimé que les faits étaient prescrits. Mais nouveau rebondissement ce mardi. Selon France 3 Normandie, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Caen a infirmé cette décision, annulant de fait la décision de non-lieu.
Le dossier renvoyé sur le bureau d’un juge
L’enquête va donc pouvoir se poursuivre avec un complément d’information qui a été ordonné par la chambre de l’instruction et le dossier renvoyé à un juge. « Pour l’instant, mon client n’est pas renvoyé officiellement devant une cour d’assises, a réagi auprès de Ouest-France Maître Belmokhtar, avocat de Pascal Delaunay. Mais si à l’issue de l’instruction, il devait être renvoyé devant une cour d’assises, nous nous pourvoirons en cassation. »




