
C’est entourée de ses parents qu’Inès Corbière s’est présentée au tribunal correctionnel de Paris ce mercredi 21 mai. Poursuivie pour « apologie du terrorisme » et « provocation publique et directe non suivie d’effet de commettre des atteintes volontaires à la vie », la fille du couple formé par les anciens députés insoumis Alexis Corbière (toujours élu) et Raquel Garrido a contesté avec fermeté les accusations portées contre elle, rapporte l’AFP.
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Au cœur du dossier : une vidéo diffusée le 20 octobre 2023 par Damien Rieu, proche d’Éric Zemmour, montrant une famille israélienne terrorisée, prise en otage par des membres du Hamas. La vidéo est accompagnée de messages au ton virulent, attribués au compte X d’Inès Corbière : « Qui se chauffe pour aller casser du sioniste là ? », ou encore : « Alors j’ai peut-être pas d’âme mais ils me font pas du tout de peine, je les trouve même plutôt chiants, surtout les gosses. »
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« Des faux »
Des messages « horribles » selon l’accusation, qui en tire la conviction d’une apologie des violences perpétrées le 7 octobre. « Les commentaires accompagnant la vidéo font passer des actes terroristes pour des faits anodins », a souligné la procureure en appelant à condamner la jeune femme.
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Mais pour la défense, ces propos sont tout simplement « des faux », a affirmé Me Xavier Sauvignet, l’avocat d’Inès Corbière, en exigeant sa relaxe. À l’appui de sa démonstration : les données fournies par le réseau social X, qui n’a enregistré aucune connexion au compte d’Inès Corbière avant 10 h du matin le 9 octobre, alors que les messages ont été publiés à 6h41.
Un procès sous haute tension politique
Dans une ambiance tendue, les parties civiles, parmi lesquelles l’Organisation juive européenne (OJE) et l’Observatoire juif de France (OJF), ont insisté sur le refus de la jeune femme de transmettre le code de son téléphone aux enquêteurs, y voyant un indice accablant.
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À la barre, Alexis Corbière a pris la parole : « Ma fille est la victime collatérale d’une affaire qui la dépasse », a-t-il lancé, dénonçant « une machination » visant à atteindre son couple. « C’est une affaire politique », a-t-il poursuivi, en mettant nommément en cause Damien Rieu, à l’origine de la publication. Une lecture balayée par Brigitte Lapeyronie, avocate des parties civiles, elle-même candidate du parti d’Éric Zemmour aux dernières législatives : « Inès Corbière est responsable des faits qu’on lui reproche. La politique n’a rien à voir là-dedans. »
Une autre vidéo, datée de 2020 et repostée en novembre 2023 par le militant Damien Rieu, semble soutenir ces accusations… On y voit Inès Corbière, visiblement alcoolisée, affirmer : « Je suis antisémite, je m’en bats les couilles. J’assume ». Une séquence que la jeune femme reconnaît, tout en précisant qu’elle avait alors à peine 18 ans et qu’elle regrettait ses propos. Le tribunal n’a pas retenu cet élément à charge. Le parquet a requis six mois de prison avec sursis à l’encontre d’Inès Corbière. Le jugement est attendu le 8 juillet.
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