Si les joueurs du Stade Français se trouvent au bord du précipice, avec leur 12e place en Top 14 à deux journées de la fin, le contexte est tout aussi tendu au sein de la section féminine du club francilien. Les Pink Rockets, qui évoluent cette saison en Elite 2, ont appelé jeudi à la démission de leur directeur sportif, visé par des accusations de « propos homophobes et sexistes » à l’encontre de plusieurs joueuses et d’une dirigeante, comme l’a révélé le site Mediapart.
« Ces paroles ne sont pas de simples dérapages : elles participent à un système de domination et d’exclusion », dénonce le communiqué des joueuses publié jeudi sur les réseaux sociaux. Unies dans cette démarche, elles appellent à la « démission immédiate du directeur sportif de toutes ses fonctions au sein du Stade Français » et elles critiquent « l’inaction et les tentatives de dissimulation » du bureau de l’association.
Le directeur sportif a reçu un blâme
Les témoignages, qui proviennent de différentes joueuses mais aussi de Laura, ex-joueuse de 27 ans et directrice bénévole de l’équipe féminine, font état d’insultes homophobes, dénigrant la sexualité des joueuses. Après avoir subi ce qu’elle dit être une « nouvelle humiliation » à l’automne dernier, Laura a déposé plainte dans un commissariat, et a réalisé un signalement auprès de la Fédération française de rugby (FFR) en décembre.
La FFR confirme avoir reçu ce signalement sur sa plateforme dédiée, tandis que le conseil de discipline du rugby français a été saisi. Le Stade Français a indiqué samedi dernier avoir adressé un blâme au directeur sportif, à l’issue d’une enquête interne, et déclaré « de nouveau et sans retenue, tout [notre] soutien à la victime de ces faits ».
« Nous sommes dans l’incompréhension totale »
Suspendu de ses fonctions auprès de l’équipe féminine depuis début janvier et la conclusion de l’enquête interne, le directeur sportif a cependant conservé le reste de ses prérogatives au sein de l’association sportive du club parisien. « Nous avons pris connaissance de la sanction – un blâme – par l’intermédiaire d’un communiqué intervenu plus de cinq mois après la dénonciation des faits », regrettent les joueuses.
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« Nous sommes dans l’incompréhension totale face au manque de soutien de la part du bureau de l’association. Aucune communication, ni réunion d’information n’ont été faites sur le sujet », dénonce le communiqué des Pink Rockets. Celui-ci conclut en appelant « toutes les victimes à se faire entendre et à dénoncer les discriminations qu’elles subissent ».




