Huit ans qu’il regarde l’incendie depuis sa fenêtre. Et le voilà qui cherche l’extincteur quand la maison est déjà en cendres. Ce rapport sur l’entrisme des Frères musulmans, Emmanuel Macron ne l’a pas découvert cette semaine. Commandé il y a plus d’un an, il l’a reçu il y a plusieurs mois. Il a eu le temps de le lire, de le digérer, de l’enterrer. Et voilà qu’il refait surface, comme si la menace était soudaine, comme si l’alerte était neuve. Comme si l’on ne savait pas.
Le document est accablant. Il décrit ce que tout le monde avait sous les yeux : des lieux de culte noyautés, des associations sous influence, des élus complices, des poches d’idéologie islamiste dans toute la France. Et que fait le président ? Il temporise. Il aurait pu décider. Il a préféré demander à ses ministres de « revoir leur copie ». Comme si lui-même, depuis deux quinquennats, n’avait aucune responsabilité. Comme s’il n’avait pas, en 2020 aux Mureaux, promis de s’attaquer à l’islamisme.
Retailleau a forcé le réel à remonter à la surface
Ce rapport n’est pas tombé du ciel. Il doit son existence à un homme : Bruno Retailleau. C’est lui qui, contre vents et inerties, a poussé pour que la vérité sorte. Sans lui, ce travail serait resté enterré, classifié, oublié. Le ministre de l’Intérieur a forcé le réel à remonter à la surface. Une question se pose : pourquoi avoir commandé un tel rapport, si ce n’est pour agir ? Et pourquoi ne rien faire aujourd’hui, sinon pour éviter d’assumer ? Ce n’est pas l’islamisme qui avance. C’est Emmanuel Macron qui recule.
Depuis huit ans, la lutte contre l’islamisme s’est transformée en pièce de boulevard : beaucoup de bruit, peu d’actes, et jamais de fin. Le pouvoir exécute des gestes sécuritaires, toujours à la marge, jamais au cœur. Car des propositions, il y en a eu. Le voile dans les sorties scolaires ? Enterré. Le hijab dans le sport ? Inexistant. La proposition constitutionnelle de Philippe Bas contre l’islamisme radical ? Ignorée. La PPL Retailleau sur les listes communautaires ? Évaporée. Des textes votés au Sénat mais jamais inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée.
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Ce président voit dans chaque vérité un risque d’émeutes
Et quand un rapport dit la vérité, que fait Emmanuel Macron ? Il écrit aux ambassades des pays arabes. Pas pour les alerter. Pour les rassurer. Il craint qu’un rapport sur les Frères musulmans soit mal perçu par les musulmans… en France. Ce président voit dans chaque vérité un risque d’émeutes. Il en arrive à croire qu’un silence vaut mieux qu’un affrontement. Et trop souvent, cette prudence devient clémence. Une clémence politique, presque morale, qui permet à l’idéologie islamiste de s’installer sans être jamais nommée.
Mais ce n’est pas nouveau. Depuis 2017, Emmanuel Macron cultive le flou. Face à François Fillon, il vendait la société multiculturelle. Face à Marine Le Pen, il se voulait rempart. En 2022, il se réjouissait même de croiser une femme voilée, y voyant la preuve d’un féminisme éclairé. Comme si le voile était un accessoire d’émancipation. Comme si l’égalité passait par l’invisibilisation des femmes. Le en même temps a des limites. En voilà une nouvelle preuve.
Il y a des mots qu’Emmanuel Macron n’a jamais su prononcer. Immigration, insécurité, islamisme : les trois I de l’impensé. Trois bombes à retardement qu’il a préféré contourner jusqu’à les rendre inaudibles. Trois sujets majeurs pour le pays gommés au nom du « vivre-ensemble » et d’un progressisme hors-sol. Il y a quelques années encore, le président affirmait qu’il n’existait « pas de culture française ». Tout était dit. S’il n’y a pas de culture propre, alors il n’y a rien à défendre. Rien à transmettre. Rien à opposer à une idéologie comme l’islamisme, qui, elle, sait exactement ce qu’elle veut : convertir, imposer, contrôler.
Le combat que nous devons mener, c’est une bataille des esprits, et elle est en train d’être perdue. Par absence de volonté, et par peur aussi. Le résultat est là : une partie de nos compatriotes musulmans ne croient plus à ceux qui prétendent les protéger. Ils votent en masse pour Jean-Luc Mélenchon, dernier refuge communautariste. On peut s’en offusquer, ou on peut essayer de comprendre.
Le grand mensonge de la société ouverte
Pendant quarante ans, on a dit à cette immigration majoritairement musulmane : « Venez comme vous êtes. » Et voilà qu’aujourd’hui, on leur dit qu’il y aurait des règles, une histoire, des contraintes. C’est le grand mensonge de la société ouverte que l’on paie aujourd’hui. Alors la question est simple : peut-on confier à celui qui a évité le sujet pendant huit ans la tâche de le régler aujourd’hui ? Pas sûr.
L’urgence est de nommer l’ennemi, sortir de l’ambiguïté, reprendre pied. Pas avec des gadgets, mais avec un vrai projet. Un projet d’enracinement, de liberté, de civilisation. Un projet français. Une colonne vertébrale. Car ce n’est pas l’islamisme qui est fort. C’est nous qui avons cessé de l’être.
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