Cette année, le grand spectacle était davantage sur le tapis rouge du Palais des Festivals, avec un défilé de stars hollywoodiennes, que dans les salles obscures. Pendant les onze jours de compétition, on a attendu le choc cinématographique… qui n’est jamais venu. Pas d’Emilia Perez, pas de The Substance, pas d’Anatomie d’une chute…
La plupart des auteurs révélés sur la Croisette n’ont pas été à la hauteur des attentes : Palme d’or pour Titane, Julia Ducouneau a énormément déçu avec Alpha, une chronique mortifère et très ennuyeuse, à la mise en scène boursouflée, porté par un Tahar Rahim qui en fait des caisses ; Ari Aster a décontenancé avec son thriller Eddington dénonçant une société américaine qui sombre dans l’absurdité et la violence ; avec Die my Love, Lynne Ramsay filme le désarroi existentiel d’une Jennifer Lawrence hystérique et en manque de sexe.
Heureusement, les cinéastes iraniens étaient là pour nous réveiller devant le grand écran : avec Un simple accident, Jafar Panahi signe un film puissant qui montre la résilience de son peuple face à un régime de la terreur, tandis que Saeed Roustaee (La loi de Téhéran), dénonce, dans Woman and Child, le dictat du patriarcat en suivant le destin d’une infirmière rejeté par son futur mari et qui doit affronter le décès son fils aîné.
Tarik Saleh n’est pas en reste en suivant, dans Les aigles de la République, les mésaventures d’un acteur égyptien très populaire qui accepte de tourner dans un film sur le président Sissi pour sauver ne pas mettre ses proches en danger. Dans le registre social, les frères Dardenne reviennent très en forme avec Jeunes mères, soit les destins croisés de très jeunes filles qui tentent de reconstruire leur avenir avec leur bébé.
Si Oliver Laxe surprend avec la mise en scène explosive de Sirat et la japonaise Chie Hayakawa confirme son talent pour conjuguer drame et émotion avec Renoir, la jeune garde du cinéma international peine à convaincre. Côté français, Hafsia Herzi s’empare, avec La petite dernière, d’un sujet brûlant et audacieux sans vraiment transformer l’essai, Nouvelle vague réalisé par Richard Linklater avec de jeunes acteurs de chez nous amuse.
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Après La nuit du 12, Dominik Moll s’intéresse, dans Dossier 137, au travail délicat de l’IGPN, la police des polices, à travers l’engagement de Léa Drucker, en quête de la vérité envers et contre tous. Souvent, la forme tape à l’œil l’emporte sur le fond, l’ennui et parfois l’agacement (face à des films de plus de 2h15) sur le plaisir, les grandes émotions dans les salles ont été rares et la frustration (à la limite de l’énervement) fréquentes. Vivement l’édition suivante !
Palme d’or : Un simple accident de Jafar Panahi
Grand Prix : Jeunes mères de Luc et Jean-Pierre Dardenne
Prix du jury : Renoir de Chie Hayakawa
Prix de la mise en scène : Sirat d’Olivier Laxe
Prix du scénario : Dossier 137 de Dominik Moll
Prix d’interprétation féminine : Parinaz Izadyar dans Woman and Child de Saeed Roustaee
Prix d’interprétation masculine : Fares Fares dans Les aigles de la République de Tarik Saleh
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