
L’État ne peut plus tergiverser. Après des mois de silence et de prudence, la publication du rapport commandé par Emmanuel Macron sur l’influence des Frères musulmans agit comme un électrochoc. Le texte, accablant, évoque une stratégie d’entrisme islamiste dans les institutions, les associations et certains lieux de culte. Un constat glaçant, qui pousse désormais la majorité à promettre des « actes » et non plus seulement des discours.
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Une large majorité de Français semble partager ce sentiment d’urgence. Selon une enquête CSA publiée ce samedi, plus de huit sondés sur dix (81 %) souhaitent que le gouvernement fasse de la lutte contre l’islam radical une priorité. L’adhésion est massive, quasi unanime à droite (97 % chez les électeurs LR, 95 % au RN), très élevée chez les sympathisants macronistes (88 %) et non négligeable à gauche (71 % au PS, 57 % chez les Insoumis, 56 % chez les écologistes).
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Le détail des résultats met en lumière une constante : l’ampleur du phénomène dépasse les clivages sociaux et générationnels. Chez les plus de 65 ans, ils sont 90 % à juger ce combat prioritaire, contre 78 % des 18-24 ans et 68 % des 25-34 ans. Hommes (82 %) et femmes (80 %) sont également sur la même ligne, tout comme les catégories professionnelles, qu’il s’agisse des CSP+ (82 %) ou des CSP- (82 %).
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Face à cette pression croissante, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, également président des Républicains, a promis mercredi au Sénat « une meilleure organisation de l’État » dans ce domaine. Il a notamment évoqué la création d’un parquet administratif chargé de diligenter les dissolutions d’associations islamistes, ainsi qu’un « chef de file en matière de renseignement » pour mieux coordonner les efforts. « Il faut prendre ce problème à bras-le-corps », a insisté Retailleau lors des questions au gouvernement.
À gauche, certains élus dénoncent un « discours complotiste »
Cette fermeté affichée ne fait toutefois pas l’unanimité dans l’hémicycle. À gauche, certains élus, notamment de La France insoumise, dénoncent une forme « d’amalgame » et alertent contre un « discours complotiste » à leurs yeux. Des accusations qui peinent à masquer leur isolement dans l’opinion publique sur ce sujet sensible.
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Le rapport, qui recense 139 lieux de culte musulmans liés à l’organisation des Frères musulmans, dont 68 jugés proches de la fédération, alimente désormais un débat que l’exécutif ne peut plus éluder. Alors que plusieurs pays comme la Jordanie, l’Arabie saoudite ou l’Autriche ont interdit les Frères musulmans, la France hésite encore à franchir ce pas. Mais pour 81 % des Français, le temps des rapports est passé. Celui des décisions s’impose.
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