Pourquoi « Carlitos » est-il favori chez les hommes ? Pourquoi le tournoi féminin apparaît plus ouvert ? Et que peut espérer le clan tricolore ? Eléments de réponses.
Un Espagnol s’en va, un autre arrive. Alors qu’un hommage sera rendu en début de soirée à l’homme aux quatorze Coupes des Mousquetaires, Don Rafael Nadal, son jeune compatriote débarque porte d’Auteuil avec la faveur des pronostics. À tout juste 22 ans (il les a eus le 5 mai), le Murcien a déjà remporté quatre tournois majeurs : Roland-Garros l’année dernière, Wimbledon à deux reprises (2023, 2024) et l’US Open (2022). Seul l’Open d’Australie lui résiste encore. En janvier, à Melbourne, son tombeur fut un certain… Novak Djokovic. Le Serbe a bataillé pendant quatre sets (4-6, 6-4, 6-3, 6-4) et plus de 3 h 30 pour s’imposer en quart de finale. Une victoire sans lendemain : blessé à une cuisse, il a ensuite abandonné en demie face à l’Allemand Alexander Zverev alors que la route vers un 25e titre en Grand Chelem lui semblait ouverte.
« Arthur Fils incarne les espoirs français »
Depuis, « Djoko » est en courant alternatif. Il vient d’ailleurs de se séparer de son coach, Sir Andy Murray. Le natif d’El Palmar, lui, a vite rebondi après sa déconvenue des antipodes, s’offrant le tournoi de Rotterdam le 9 février (ATP 500). Et, depuis le début de la saison sur terre battue, il est quasiment injouable pour ses adversaires. Il y a d’abord eu un succès à Monte-Carlo (Masters 1000, catégorie la plus difficile derrière les quatre majeurs), suivi d’une finale à Barcelone (ATP 500) perdue contre un joueur de sa génération, le Danois Holger Rune. Enfin, il a décroché un autre Masters 1000, à Rome, aux dépens de l’Italien Jannik Sinner (7-6, 6-1), numéro un mondial de retour d’une suspension controversée de trois mois pour dopage et qui pourrait être son principal concurrent à Paris. Ce qui n’empêche pas la nouvelle star espagnole d’avouer avec malice, dans un entretien accordé au magazine officiel de Roland-Garros, que l’ocre n’est pas sa surface préférée : « Je pense que c’est plutôt le dur. »
Swiatek, retrouver la confiance
« Je m’y sens comme chez moi », confie la Polonaise de 23 ans quand elle est interrogée sur Paris. Et c’est vrai qu’à quatre reprises, la porte d’Auteuil est devenue son jardin (2020, 2022, 2023, 2004). Cette année est plus compliquée, les résultats ne suivent plus et Iga Swiatek a même été éjectée du Top 3 mondial (5e cette semaine). Les Internationaux de France s’annoncent donc très ouverts entre la Biélorusse Aryna Sabalenka, solidement installée à la place de numéro un, ses dauphines américaines Coco Gauff et Jessica Pegula, l’Italienne Jasmine Paolini, récente vainqueur à Rome (WTA 1000) sous les encouragements d’un public conquis ou encore l’ancienne lauréate de Roland-Garros, la Lettonne Jelena Ostapenko, titrée il y a un mois sur la terre battue de Stuttgart (WTA 500). Comme le résume la consultante Marion Bartoli : « Le tournoi féminin va être fascinant. »
Fils, tête d’affiche tricolore
Parce qu’il n’a pas encore 21 ans (il les fêtera le 12 juin), qu’il est déjà 14e au classement ATP et compte trois titres sur le circuit professionnel (Lyon 2023, Hambourg et Tokyo 2024), le Francilien attire naturellement les projecteurs. Le Croate Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la Fédération française de tennis, souligne qu’il a « beaucoup progressé depuis l’année dernière ». Mais l’ancien coach de Roger Federer ne veut pas s’enflammer : « On attend beaucoup d’Arthur. Il n’a pas encore gagné un match à Roland-Garros… » Effectivement, ses deux premières apparitions en 2023 et 2024 se sont soldées par autant d’éliminations dès son entrée en lice. Chez les hommes, outre Fils, ils seront dix-sept sur la ligne de départ dont Ugo Humbert, Giovanni Mpetshi Perricard, Alexandre Müller, le vétéran Gaël Monfils et le futur retraité Richard Gasquet. Chez les femmes, où les ambitions sont très limitées, elles seront neuf dont Varvara Gracheva et Caroline Garcia qui vient d’annoncer sa prochaine fin de carrière à 31 ans.
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